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Adel CHERCHALI, Quantitative Researcher chez Milliman


Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.


Racontez-nous un peu de votre parcours

Mon parcours est quelque peu atypique. Jeune bachelier, je ne savais pas quelle orientation donner à mes études. Mon histoire familiale a façonné mon appétence pour la philosophie, les mathématiques et la géopolitique. Etant fils d’immigré la compréhension des enjeux sociétaux constituait un élément fondamental de la construction de mon identité. C’est donc tout naturellement que j’ai intégré une classe préparatoire économique et commerciale. Pendant ces années, j’ai fait la rencontre d’un professeur de mathématiques qui m’a transmis sa passion pour les mathématiques. Cela m’a permis de me réorienter vers le département de mathématiques appliquées de l’Université Paris-Dauphine. Le programme est encadré par les chercheurs du CEREMADE (unité mixte du CNRS) et j’y découvre de nombreux domaines d’application des mathématiques allant de l’économie, à la physique mathématique en passant par l’imagerie et l’apprentissage statistique. Durant mon cursus, j’effectue un stage de recherche sous la direction de Tan Xiaolu (aujourd’hui professeur à l’université de Hong-Kong) sur l’application des processus de diffusions branchant à la valorisation de produits dérivés en finance. Ce type de processus a historiquement été développé pour modéliser la dynamique de populations au cours du temps. Ces modèles probabilistes sont utilisés en finance pour développer des méthodes numériques pour la gestion des risques. Ce stage est le kairos dans mon parcours académique et a suscité mon intérêt pour le monde de la finance et mon goût pour la recherche.

J’ai donc poursuivi mes études en empruntant la voie des mathématiques financières et intégrer le master Probabilités et Finance opéré conjointement par l’Ecole Polytechnique et l’UPMC. A partir de là, tout va très vite, je fais la rencontre d’Aurélien Alfonsi, chercheur en calcul stochastique et probabilités numériques à l’Ecole des Ponts ParisTech qui enseignait un cours de mesure de risque dans le master.

Nous discutons et il me présente son projet : les assureurs-vie et les fonds de pension constituent des investisseurs institutionnels finançant des pans entiers de l’économie. Ces institutions représentent un risque systémique pour l’économie en cas de faillite. Suite à la chute de Lehman-Brothers, la règlementation financière a évolué pour une meilleure gestion des risques. L’objectif du projet de thèse est de déterminer un « coussin de sécurité » pour limiter la probabilité que la compagnie fasse faillite dans le futur.

Pour cela, il est nécessaire de faire des modèles pour simuler des états futurs possibles de l’économie et identifier les scénarios adverses pour la compagnie. Rapidement les temps de calculs deviennent prohibitifs pour être utilisable en pratique et des algorithmes efficaces à l’interface entre les probabilités numériques et le machine Learning doivent être développés.

Aujourd’hui la quête de sens et le réveil de la conscience écologique sont au cœur des préoccupations de la jeune génération. Ce sujet était l’occasion parfaite d’apporter à mon échelle ma pierre à l’édifice : Contribuer à une meilleure compréhension des risques associés à la gestion de l’épargne (de gens comme vous et moi) tout en améliorant l’efficacité énergétique des calculs numériques et réduire notre empreinte écologique.

Les rêves pleins la tête je débutais ma thèse au CERMICS, le laboratoire de mathématiques appliquées de l’Ecole des Ponts ParisTech.


Comment avez-vous vécu votre doctorat ?

La thèse a été une expérience fantastique et enrichissante tant sur le plan personnel, professionnel et humain. Ces années ont été ponctuées de rencontres avec les doctorants et chercheurs dans mon domaine et d’échanges avec les professionnels du secteur de l’assurance (équipe ALM AXA France ainsi que le fond AXA pour la recherche ayant financé les travaux).

La rédaction du manuscrit en période de Covid a été plus difficile mais mon encadrant ainsi que le laboratoire m’ont beaucoup soutenu.


Pourquoi avoir choisi de rejoindre Milliman en tant que Quantitative Researcher?

Je souhaitais rejoindre une structure valorisant la production scientifique et continuer dans le domaine de la gestion des risques financiers, car cela couvre une large palette d’outils de l’analyse quantitative (Machine Learning, Mathématiques Financières …).

J’ai connu les activités de Milliman lors de conférences scientifiques ainsi que durant mon master. Le responsable de l’équipe R&D est également docteur et l’entreprise finance de nombreuses thèses CIFRE.

En arrivant dans l’entreprise le principal défi a été de faire face aux changements de rythme. Toutefois, j’y trouve un certain équilibre, j’ai eu l’occasion de participer à la revue de l’allocation d’actif d’un des principaux régimes de retraites en France, améliorer l’efficacité énergétique des calculs d’un fonds de pension anglo-saxon et collaborer avec les autres bureaux de Milliman dans le monde (UK et US notamment).

Par ailleurs, je continue à participer à l’enseignement dans les formations d’actuariat et d’ingénieur ce qui me tient particulièrement à cœur.


Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent se lancer dans une thèse ?

Mon conseil : Se donner le temps de la réflexion avant de se lancer dans l’aventure du doctorat, car c’est un engagement sur trois ans, il faut donc bien choisir le sujet (et surtout son encadrant !)

Durant le doctorat, rester actif en participant à des évènements entre doctorants et de façon générale, rester bien entouré pour ne pas s’isoler.

Et enfin, une remarque plus générale s’adressant aux étudiants s’orientant après le bac : vu le déclin des effectifs dans les filières scientifiques, ne vous auto-censurer, un grand nombre d’opportunités sont à saisir avec l’essor du big data avec une formation scientifique en poche.

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