Idriss ABID, Docteur en micro/nano électronique, Prix de thèse RENATECH, IEMN.



LinkedIn, Theses.fr


Merci d'avoir accepté l'interview.

Pourriez-vous présenter votre parcours ?

Intéressé par le monde de la recherche depuis mon plus jeune âge, j’ai décidé de m’orienter vers un master de recherche lors de mon entrée dans les études supérieures. J’ai intégré, à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, le Master d’Electronique des Systèmes Embarqués et Télécommunications (ESET). J’ai choisi la spécialité Micro et Nano (MINA). Déjà décidé par l’idée de faire une thèse, j’ai choisi que mon stage de Master se fasse en entreprise afin de pouvoir observer et expérimenter le monde de l’industrie avant d’entrer dans le milieu académique. Mon stage consistait au développement et à la conception d’un prototype de diagnostic sans fil chez Renault Défense à Lyon. Par la suite, j’ai pu commencer une thèse à l’IEMN sur le campus de Villeneuve d’Ascq, au sein du groupe WIND (WInd BaNd gap Devices) dans le domaine de l’électronique de puissance et plus précisément dans la conception et caractérisation de composants de puissance à base de GaN.


Vous avez remporté en 2021 le prix de thèse Renatech CNRS. Est-ce que cela a été pour vous un objectif durant votre thèse et qu’est-ce qui selon vous a motivé le jury à vous décerner ce prix ?

Malgré un domaine de recherche très compétitif à l’échelle mondiale, j’ai eu la chance d’intégrer une équipe présentant un savoir et une compréhension du domaine très poussés. J’ai également pu bénéficier de moyen et d’infrastructure me permettant de réaliser l’ensemble de mes recherches dans les meilleures conditions. Etant conscient de tout cela, je me suis davantage investi dans ma thèse et j’ai travaillé sans relâche pour atteindre les meilleurs résultats. Durant ma thèse, je n’étais pas au courant de ce concours, ceci dit, le fait d’avoir remporté ce prix a été une belle récompense pour tout le travail délivré. Je pense que ce qui a fait pencher la balance à mon égard réside dans l’impact des techniques développées et des résultats obtenus vis-à-vis du domaine de recherche étudié.


Quelques mots pour un étudiant qui souhaiterait se lancer ?

Le fait de réaliser une thèse est en soi une expérience incroyable. Pour la plupart des nouveaux doctorants, elle est l’une des premières longues expériences «professionnelles» après les études. Pour une durée d’au moins 3 ans, on est plongé dans un domaine spécifique, avec pour objectif de comprendre et résoudre des problématiques non-résolues liées à un sujet pointu passionnant. Tout au long de cette période, le doctorant est amené à se surpasser et aller de l’avant en faisant face à de nombreux imprévus.

Pour ma part, l’expérience de la thèse m’a été grandement bénéfique et m’a permis d’évoluer à la fois scientifiquement et personnellement. Au cours de ces années, il y a bien évidemment des hauts et des bas, des moments de satisfaction et de déception, des sentiments d’abattement, de frustrations, de joie, etc.. Mais c’est ce qui rend cette expérience unique. On apprend que la succession d’échecs permettant d’atteindre les objectifs est tout aussi important que par le résultat final puisque c’est le moteur de l’apprentissage et l’essentiel de l’expérience obtenue.

A terme, l’expérience de la thèse permet de développer un certain nombre de compétences clés mais en aucun cas, cela se limite aux aspects techniques. Durant la thèse, le doctorant doit rapidement devenir autonome et travailler seul, prendre des initiatives. Paradoxalement, le travail de groupe ponctuel est un élément clé. Au cours de ses travaux, sa curiosité, sa rigueur, le travail sous pression l’adaptation à un nouvel environnement ou encore ses compétences linguistiques seront également amenées à se développer.