Ilhame HARBOUZ, Ingénieure, Doctorante Génie civil, Prix AUGC,Centrale Nantes/Sherbrooke

Dernière mise à jour : 15 juin



Pourriez-vous présenter votre parcours ?

Après une classe préparatoire scientifique (MPSI/MP) j’ai intégré l’École Hassania des travaux publics au Maroc où j’ai obtenu un diplôme d’ingénieur d’état, spécialisé en génie hydraulique, de l’environnement et de la ville. Durant mon parcours d’ingénieur, j’ai effectué un double diplôme ‘ingénieur généraliste’ avec l’École Centrale de Nantes. Cette opportunité m’a offert une formation pluridisciplinaire, ce qui m’a donné un avant-goût sur plusieurs domaines, notamment les nouvelles technologies. Cela a débouché sur un stage de fin d’étude à Edeis sur l’implémentation du BIM dans le secteur de construction, alliant à la fois l’aspect du génie civil et celui de la technologie. Ce stage a été l'opportunité pour moi de découvrir la vision future du BTP à travers plusieurs formations organisées par Autodesk. Ainsi, mon penchant pour les technologies avancées de construction m’a poussé à initier un doctorat sur l’impression 3D du béton, en cotutelle entre l’École Centrale de Nantes et l’Université de Sherbrooke.


Pourquoi une thèse en cotutelle ?

Déjà faire une thèse après un parcours d’ingénieur n’est pas vraiment un choix fréquent dans mon entourage. La plupart choisissent d’entamer le monde de travail après avoir décrocher leur diplôme. Il est vrai que faire un doctorat nécessite une motivation soutenue dans le temps, un grand investissement personnel, une envie et des aptitudes à repousser les frontières du savoir. En revanche, un doctorat facilite l’intégration et le développement personnel et professionnel. D'autant plus dans le cadre d'une cotutelle où deux diplômes peuvent être valorisés. D'une part, en acquérant une expérience diversifiée dans deux environnements de travail différents, d'autre part, en augmentant la capacité d'adaptation tant au niveau personnel que professionnel. Une cotutelle permet aussi de forger un réseau professionnel international, ce qui permet de faciliter l’embauche après la thèse.


Vous êtes lauréate du prix Jeunes Chercheurs des 39èmes Rencontres Universitaires de Génie Civil de l’AUGC. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

C’était une expérience unique en son genre ! En raison des conditions sanitaires, le concours a été organisé à distance. J’ai dû passer la présentation orale lors de la finale à 02h00 du Matin à cause du décalage horaire ! Curieuse et excitée, je suis restée éveillée jusqu’à l’achèvement de l’évènement. Une nuit blanche, pas comme les autres ! Je garde toujours la prise d’écran de la remise des prix, c’était un moment qui restera gravé dans ma mémoire.


Quels sont les points les plus difficiles, les plus excitants dans votre parcours de thèse ?

Le point le plus excitant et en même temps difficile est la mobilité géographique de la cotutelle. Explorer deux continents (l’Europe et l’Amérique) à la fois est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ceci implique la découverte de deux cultures, mentalités et mode de travail totalement différents. Malheureusement, ma mobilité a coïncidé avec la crise sanitaire, ce qui a rendu la tâche plus difficile. En revanche, cette expérience a changé plusieurs choses en moi, notamment l’adaptabilité, la patience et l’optimisme. Par ailleurs, célébrer les petits accomplissements - comme : la première publication scientifique, la première intervention dans une conférence internationale - représente la cerise sur le gâteau dans un parcours doctoral. Cela permet de garder sa motivation à long terme et de mettre en valeur l'aboutissement de tout le travail accompli.


Que vous a apporté le fait de faire une thèse ?

Faire une thèse m’a permis d’acquérir des compétences diverses allant du génie des matériaux, de la robotique et du génie des procédés au génie mécanique. Cette diversité a fait la richesse de mon parcours, ce qui va m’ouvrir les portes à plusieurs opportunités futures. Faire une thèse renforce aussi la capacité d'auto-apprentissage, qui est souvent recherchée dans le monde professionnel. De plus, l'esprit d'analyse, de synthèse et d'organisation sont les atouts que peut constituer un profil de docteur. En parallèle avec les travaux de Recherche, j’ai eu la chance d’accomplir un certain nombre d’heures d’enseignement et d’encadrement, ce qui m’a permis d’apprendre la pédagogie et la didactique professionnelle. Après tout, il n’y a rien de plus beau que la transmission du savoir !


Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?

Si vous êtes vraiment fasciné par la thématique de votre sujet de thèse, et vous êtes très curieux de connaître tous les détails qui s'y rapportent, lancez-vous ! Vous allez me dire, trois ans c’est beaucoup, figurez-vous que lorsqu’on aime, on ne compte pas. Trois ans passent en un clin d'œil, on ne s'en rend compte que lors de la rédaction du mémoire. Deux choses peuvent jouer en votre faveur, l’encadrement et l’affiliation, prenez le temps de bien les choisir, c’est bien de là où provient le soutien, la confiance et l’encouragement ! Très bon courage !