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Le doctorat, une ouverture sans équivalent, vers de nombreux projets innovants.


Valérian PALANQUE
Valérian PALANQUE

Prix de l'Innovation: doté par la ville de Toulouse pour des travaux particulièrement innovants.

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview


Peux-tu nous présenter ton parcours et pourquoi tu as décidé de faire une thèse ?

Après avoir suivi une formation en génie mécanique aéronautique et obtenu un master en énergétique et propulsion à l’Ecole Centrale de Nantes, j’ai rejoint une entreprise d’ingénierie aéronautique dans laquelle je me suis rapidement senti limité par la portée peu scientifique du projet sur lequel je travaillais. L’expérience professionnelle en R&D réalisée quelques mois plus tôt lors de mon stage de fin d’étude m’ayant beaucoup plu, j’ai décidé de poursuivre mon parcours universitaire avec une thèse de doctorat à Toulouse. Réalisée sous la cotutelle de l’ISAE Supaéro (DCAS) et de l’ONERA (MFE), cette thèse portait sur la conception d’unsystème de dégivrage électromécanique résonant à faible consommation.

 

En quoi consiste ta thèse en quelques mots ?

L’accumulation de glace sur les avions en vol est une menace majeure qui est aujourd’hui traitée efficacement par des systèmes thermo-pneumatiques. Cependant, dans le cadre d’avions futurs plus électriques et moins consommateurs, les systèmes dépendant des moteurs thermiques sont voués à l’obsolescence, ouvrant ainsi la voie au développement de nouveaux systèmes électriques. Les systèmes de dégivrage électromécaniques se sont récemment avérés pertinents en termes de consommation d’énergie et de masse embarquée, ce qui explique le travail poursuivi dans cette thèse pour développer ce système. En général combattue, la résonance est, dans ce cas-ci, recherchée et utilisée afin d’amplifier les vibrations générées par les actionneurs piézoélectriques provoquant ainsi le détachement de la glace. L’objectif de cette thèse fut de développer un prototype qui pourrait démontrer une protection efficace contre le givre pour une faible puissance absorbée. Afin de concevoir ce système de dégivrage électromécanique résonnant, de nombreuses thématiques ont été étudiées. Les mécanismes de fracture de la glace ont pu être observés et compris grâce à de nombreux essais réalisés à l’ISAE, en soufflerie givrante à l’Institut Clément Ader, mais aussi lors d’un échange international avec l’Université du Québec. La mise au point de critères de design ainsi que l’utilisation d’optimiseurs numériques ont finalement permis la fabrication d’un prototype NACA instrumenté permettant la démonstration du dégivrage électromécanique résonant en soufflerie givrante.

 

Quelles sont pour toi les qualités nécessaires pour réussir une thèse ?

En commençant ma thèse, j’avais l’impression qu’il était nécessaire d’avoir déjà de nombreuses connaissances liées au sujet et un bagage technique très développé. Finalement, en regardant en arrière, on se rend compte de tout ce que l’on a appris (lié au sujet mais pas seulement) au cours de ces quelques années et qu’en comparaison, ce que l’on savait en arrivant est vraiment minime.

Cela illustre pour moi le fait que la qualité principale d’un doctorant doit être sa curiosité et son envie d’apprendre. C’est cette capacité qui selon moi va permettre de s’approprier le sujet et pouvoir chercher et proposer des solutions au problème qui est posé. Cette curiosité va aussi permettre de rester déterminé et motivé lorsque des obstacles seront rencontrés.


Quelles sont, selon toi, les compétences valorisables grâce au doctorat ?

Comme cela doit être écrit dans beaucoup de témoignages, l’expérience acquise lors du doctorat va au-delà des compétences techniques. La thèse peut être vue comme un long projet de recherche qui se déroule sur trois ans. Durant ces quelques années, et suivant le sujet, différentes activités (bibliographie, simulations, essais, congrès, formation, enseignement) doivent être réalisées (parfois en collaboration avec d’autres acteurs) afin de mener à bien le projet. Le fait de recevoir son diplôme de thèse peut démontrer une capacité de gestion de projet de grande ampleur. C’est un exemple de qualité valorisable dans de nombreux milieux professionnels.

En temps que travail de recherche, le doctorat met l'accent sur des compétences telles que l’exercice de la pensée critique.

 

Quels conseils à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?

Suite à mon expérience personnelle, je recommande sans retenue, à tout étudiant qui s’y intéresse, de se lancer dans une thèse.

Mon conseil principal serait de bien choisir son environnement de thèse. La durée de la thèse peut être courte si elle se passe bien, mais aussi longue, voire très longue, si l’environnement est désagréable. La qualité de l’université, de l’école, ou du laboratoire choisi, mais aussi celle des encadrants et un paramètre très important qu’il ne faut pas négliger. Lors des entretiens il ne faut pas hésiter à poser ce genre de questions et évaluer si la communication avec les encadrants se passe bien. Bien sûr, choisir un sujet qui motive reste une des priorités.

 

Après la thèse, quel a été ton parcours ?

A l’issue de ma thèse j’ai continué la recherche et l’enseignement en prenant une position d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) à l’Université Paul Sabatier dans l’objectif de préparer un dossier convenable pour prétendre à un poste de maitre de conférences. Finalement, j’ai été mis en contact avec Airbus qui ouvrait un poste de concepteur de système de protection contre le givre. J’ai saisi cette opportunité et suis aujourd’hui impliqué sur le design et le développement de systèmes innovants pour les futurs avions de l’entreprise. Cette opportunité m’a permis de découvrir la recherche appliquée en entreprise, très intéressante et stimulante de par la portée concrète et impactante des projets étudiés.

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