Mickaël Le Vern, Département de Génie Civil et de Génie Mécanique, École Centrale de Nantes

Dernière mise à jour : 25 juil.



Bonjour Mickaël

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.





Pourriez-vous présenter votre parcours ?

Après une classe préparatoire scientifique (PTSI/PT) j’ai intégré l’école d’ingénieurs Arts et Métiers ParisTech où j’ai obtenu un diplôme d’ingénieur généraliste. J’ai effectué un double diplôme avec l’Université Laval au Canada (Maîtrise en Génie Civil avec option Recherche). Après avoir exercé pendant un an la profession d’Ingénieur Exploitation aux Carrières de Chailloué (groupe Eurovia) en Normandie, j’ai débuté une thèse de doctorat à l’Université Gustave Eiffel en Octobre 2018 intitulée « Étude des mécanismes et des conditions d’envol des poussières : application aux chantiers de terrassement ». Après cette thèse, j’ai intégré l’École Centrale de Nantes en tant qu’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER), poste que j’occupe encore actuellement.


Pourquoi avoir choisi de faire une thèse de doctorat ?

Lorsque j’ai exercé la profession d’ingénieur à l’issue de ma formation de deuxième cycle, j’ai été quelque peu perturbé par le fait de devoir prendre des responsabilités au sujet de thématiques sur lesquelles je n’avais pas encore acquis de légitimité. J’ai donc voulu attacher une véritable expertise à mon profil professionnel, et pour cela la thèse de doctorat m’est apparue comme incontournable. Il s’agit en effet d’un travail intensif sur 3 ans, qui permet d’approfondir véritablement un sujet et d’acquérir progressivement une légitimité en se confrontant au jugement de ses pairs. C’est de plus un exercice de rigueur incomparable, qui implique de mettre en place un protocole de recherche, d’appliquer la méthode scientifique et de présenter le plus clairement possible ses résultats.


Que vous a apporté le fait de faire une thèse ?

Avant tout de la rigueur et le souci permanent de la précision. Dans les documents scientifiques que l’on rédige durant sa thèse (manuscrit, articles, …), chaque affirmation doit être justifiée, sourcée et analysée. On acquiert alors cet état d’esprit qui consiste à rechercher en toutes circonstances la justesse dans ses propos. C’est une caractéristique qui est fortement valorisée dans le monde professionnel.


Vous avez remporté en 2021 le prix Jeunes Chercheurs des 39èmes Rencontres Universitaires de Génie Civil de l’AUGC. Qu’est-ce qui selon vous a motivé le jury à vous décerner ce prix ?

Je pense que l’originalité de ma thèse (les émissions de poussières des chantiers de Génie Civil) a beaucoup joué. Il y a sans doute également le fait que je passe toujours énormément de temps à préparer une présentation : je la répète au moins 4 ou 5 fois et ait toujours à l’esprit la volonté que mon audience soit intéressée par ce que j’ai à leur raconter. J’ai également cet état d’esprit lorsque je donne des cours aux étudiants à l’École Centrale de Nantes. Il n’est pas toujours évident de capter l’attention d’un public et cela ne peut avoir lieu que si l’orateur met de la passion dans son discours.


Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?

Il faut avant tout choisir un sujet de recherche qui nous plait car on va passer pas mal de temps à travailler dessus. Je conseille également d’être curieux et de ne pas s’intéresser uniquement à notre domaine d’étude. Il est toujours très intéressant et enrichissant de voir comment travaillent les autres sur des thématiques différentes. Finalement, je conseille de se mettre dans l’état d’esprit très bien décrit par le philosophe Baruch Spinoza dans son Traité Politique : « Ni rire, ni pleurer, ni haïr, mais comprendre. »