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Un thésard à la SNCF ? Oui et nous sommes nombreux !


Olatoundé Alexandre YABA
Olatoundé Alexandre YABA

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.


Pourriez-vous nous présenter votre parcours et ce qui vous a motivé à faire une thèse ?

J'ai effectué mes classes préparatoires et suivi un cursus d'ingénierie au Bénin dont je suis originaire. Après l'obtention de mon diplôme d'ingénieur en génie civil et hydraulique, j'ai travaillé pendant un an dans un bureau d’études spécialisé en BTP et VRD. Pour étendre mes horizons, je me suis inscrit en Master International à l'École Nationale Supérieure de l'Énergie, de l'Eau et de l'Environnement (ENSE3 - Grenoble INP), afin de me spécialiser en géotechnique en vue de poursuivre mes études jusqu'au doctorat.

J'ai toujours eu une passion pour l'apprentissage et je me suis toujours senti à l'aise dans le milieu académique. Ainsi, entreprendre une thèse semblait être la suite naturelle de mon parcours. Les seules interrogations auxquelles j'ai dû répondre étaient : « dans quel domaine veux-tu te spécialiser » et « que vas-tu faire après la thèse ». J'ai réussi à y répondre en conciliant mes centres d'intérêt avec des considérations pragmatiques telles que l'utilité sociale et l’impact sur ma vie familiale.

 

En quoi consiste votre thèse en quelques mots ?

Intitulée « Amélioration des Plateformes Ferroviaires par Géogrilles : Analyse du Fonctionnement, de la Limitation des Déformations et du Gain de Portance », ma thèse a été réalisée sous convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE) entre SNCF Réseau et le Laboratoire 3SR-Grenoble.

Durant ce projet, j'ai développé et mis en œuvre des expérimentations pour évaluer l'efficacité des géogrilles dans l'amélioration des propriétés mécaniques des plateformes ferroviaires, c'est-à-dire des couches de sol sur lesquelles reposent les voies ferrées. J'ai développé un modèle physique en laboratoire et testé des solutions réelles sur le terrain. En outre, j'ai participé à des études techniques, à la préparation des travaux et à la réalisation des chantiers, couvrant ainsi l'ensemble de la chaîne de production, de la conception jusqu’à la mise en œuvre du produit final.

 

Quelles sont les forces d’une thèse industrielle sous financement CIFRE ?

Une thèse CIFRE bien menée est un véritable catalyseur d'innovation. Elle permet à l'industriel de trouver des solutions à ses problèmes, aux organismes de recherche de faire progresser la science, et au doctorant de développer des compétences professionnelles en plus de son expertise technique.

Le développement de compétences professionnelles est crucial, car la plupart des docteurs ne poursuivent pas une carrière académique. La combinaison d'une expérience en milieu industriel et académique aide le doctorant à mieux comprendre les aspects pratiques de son domaine, à communiquer efficacement sur son travail et à le mettre en valeur. De plus, le cadre d'une thèse CIFRE amène souvent le doctorant à aborder des sujets transversaux tels que la logistique, la finance et la gestion, renforçant ainsi son attractivité sur le marché de l'emploi.

 

Quelles sont, selon vous, les compétences valorisables apprises grâce au doctorat ?

Le doctorat permet d'acquérir de nombreuses compétences essentielles pour exceller dans le monde professionnel. Celles-ci incluent à la fois des compétences techniques spécifiques à chaque domaine (hard skills) et des compétences transversales plus universelles (soft skills).

Par exemple, la gestion de projet est une compétence clé acquise grâce au doctorat, car le doctorant doit coordonner son travail ainsi que celui des autres parties prenantes pour mener à bien sa recherche. L'adaptabilité est également une compétence précieuse, étant donné que la recherche est rarement linéaire et que des ajustements sont souvent nécessaires. D'autres compétences valorisables incluent la maîtrise de l'anglais, la programmation, l'analyse de données, la communication écrite et orale, l'esprit critique, le pragmatisme, l'autonomie et la polyvalence.

 

Quel est votre travail aujourd’hui ? Et quelles sont vos principales satisfactions ?

Aujourd’hui, je travaille en tant que chargé d'études géotechniques au sein de la Direction Générale Industrielle et Ingénierie de SNCF Réseau. Ma principale mission consiste à réaliser des expertises et des études techniques pour les projets de régénération des voies, ainsi qu'à traiter les demandes de dérogation par rapport aux normes de réfection des plateformes ferroviaires. De plus, j'assume le rôle de chef de projet innovation sur des projets liés à mon sujet de thèse. Je contribue également à la veille technologique et à la mise à jour de nos référentiels en lien avec les géosynthétiques et les plateformes ferroviaires.

J'apprécie particulièrement mon poste actuel car il prolonge le travail que j'ai entamé pendant ma thèse, en me permettant de concilier production d'ingénierie et recherche. De surcroît, cela me donne l'opportunité de valoriser mon travail de thèse et de contribuer à son industrialisation.

 

Avez-vous des conseils pour une personne qui hésiterait à se lancer dans une thèse ?

Il est normal d'avoir des doutes avant de s'engager dans un doctorat. Avant de prendre une décision, il est important de se poser certaines questions, notamment :

  • Aimeriez-vous continuer à apprendre et à explorer ?

  • Le sujet vous intéresse-t-il personnellement ?

  • Avez-vous une bonne relation avec votre potentiel directeur de thèse ?

  • Si vous n'aviez pas besoin de travailler pour gagner votre vie, continueriez-vous à vous investir dans ce domaine ?

Si la réponse à chacune de ces questions est affirmative, il est probable que le doctorat vous convienne.

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