From Caribbean beaches to molecular tinkering: my PhD journey
- Clara Herasme Grullón

- 15 nov. 2025
- 7 min de lecture

Clara Herasme Grullón
Merci beaucoup pour votre témoignage.
English version
Could you describe the path that led you to your PhD?
I come from the Dominican Republic, a country where chemical engineers make up less than 0.002% of the population. There are so few of us that it's easier to see rain falling upside down than to meet one of us on the street. I've always loved science classes: chemistry and math were my favorite subjects, and ever since I was little, I wanted to be “one of those scientists who wear white coats and make things.” I grew up with a passion for these subjects, and when I entered the Autonomous University of Santo Domingo, I was convinced that Chemical Engineering was, is, and always will be the career for me. In less than five years, I obtained my engineering degree and applied for a Master's Degree in Energy, Fluids, and Environment, with a specialization in Energy, at INSA Rouen, France, through the Caliope program, which, in our country, is offered to young engineers for superior studies in several branches of engineering. I had the immense pleasure of participating in an exciting internship project on the organocatalyzed carbonation of epoxides, and I simply wanted to extend it to a PhD topic.
What is your thesis about in a nutshell?
My thesis focuses on the chemical recovery of carbon dioxide via organocatalyzed carbonation of epoxides for the synthesis of biobased materials. It aims to answer the following question: how can CO2 be captured chemically under mild conditions to form fully biobased polymers? The use of aromatic molecules that can be modified by carbonation—the addition of CO2—under safe conditions and the use of bio-based amines for the formation of 100% bio-based polymers.
Was it difficult to balance your research life with your personal life?
Actually, yes, the Ph.D was a real emotional roller coaster, a fairly steep learning curve, and a journey marked by victories and defeats, both professionally and personally. But after all, that's how we generally define the word “growth.” I started my thesis in 2019 and didn't expect events to occur in my family and with my own experiences in the lab that almost made me want to give up. At times, I felt like I was fighting alone and had to divide myself between being “the PhD student” and being “everything else”.
Fortunately, my friends always supported me and my family gave me the strength to continue, despite the difficulties and distance. Something as simple as eating an éclair (my favorite French dessert) or looking at a photo of my kittens waiting for me back home was enough to help me regain my balance and try to improve my thesis without neglecting other aspects of my life... and it worked!
How important do you think your experiences abroad will have been? What did they bring you?
I think that going abroad, literally to the other side of the world, is one of the best experiences I've had, because it allowed me to mature professionally, but above all personally. I really enjoyed discovering other cultures and observing, within such a diverse group, the similarities and differences between people, learning, helping each other, and having fun together. Today, I have friends on every continent and I have no regrets, because I am convinced that one of the most positive things that happened to me during my thesis was being able to meet such wonderful people, who are more than that, they are my family.
What advice would you give to a student who wants to start a thesis?
It's not easy to do a PhD; it's not something you do just because you want to have the title “Dr.” in front of your name, as nice as that may sound. Now, I am a researcher at one of the most prestigious universities in my country, working in the field I wanted to work in as a child, with two important projects that I constantly monitor, supervising my students and having the opportunity to work with people from all over the world. It is literally a dream come true, based on effort and perseverance. Doing a doctoral thesis is a process that allows you to develop on all levels, which means going through certain stages that will make you wonder if you're really cut out for it. I think this feeling is common to all those who are doctors. But if you are truly passionate about your subject, if it excites you and you are ready to take on the responsibility of writing a thesis and immersing yourself in the research and hard work that it entails, DO IT without hesitation. When things are going well, enjoy it, and when things are not going so well, remember the reasons why you embarked on this adventure.
Version française
Des plages des Caraïbes au bricolage moléculaire:
mon parcours vers le doctorat
Pourriez-vous décrire le parcours qui vous a mené au doctorat?
Je viens de la République Dominicaine, un pays où la population d'ingénieurs chimistes n'atteint même pas 0,002 %. Nous sommes très peu nombreux, il est donc plus facile de voir la pluie tomber à l'envers que de croiser l'un d'entre nous dans la rue. J'ai toujours aimé les cours de sciences : la chimie et les mathématiques étaient mes matières préférées et, depuis toute petite, je voulais être « une scientifique de celles qui s'habillent en blanc et qui fabriquent des choses ». J'ai grandi en me passionnant pour ces matières et lorsque je suis entrée à l'Université Autonome de Saint-Domingue, j'étais convaincue que le génie chimique était, est et sera toujours la carrière qui a été faite pour moi. En moins de cinq ans, j'ai obtenu mon diplôme d'ingénieure et j'ai postulé pour le master Énergie, Fluides et Environnement, mention Énergie, à l'INSA Rouen, en France, via le programme Caliope, proposé aux jeunes ingenieurs pour des études supérieures dans plusieurs branches de l'ingénierie. J'ai eu l'immense plaisir de participer à un projet de stage passionnant sur la carbonatation organocatalysée des époxydes et j'ai tout simplement voulu l'étendre à un sujet de thèse.
En quoi consiste votre thèse en quelques mots?
Ma thèse porte sur la valorisation chimique du dioxyde de carbone via la carbonatation organocatalysée d'époxydes pour la synthèse de matériaux biosources. Elle vise à répondre à la question suivante : comment capturer le CO2 par voie chimique dans des conditions douces afin de former des polymères completement biosources? L'alternative proposée repose sur deux axes principaux : L'utilisation de molécules aromatiques pouvant être modifiées par carbonatation – ajout de CO2 - dans des conditions sûres et l'utilisation d'amines d'origine biologique pour la formation de polymères 100 % biosourcés.
A-t-il été compliqué de concilier vie de recherche et vie personnelle?
En réalité, oui, la thèse a été une véritable montagne russe émotionnelle, une courbe d'apprentissage assez raide et un parcours semé de victoires et de défaites, tant sur le plan professionnel que personnel. Mais après tout, c'est ainsi que l'on définit généralement le mot
« croissance ». J'ai commencé ma thèse en 2019 et je ne m'attendais pas à ce que des événements surviennent dans ma famille et avec mes propres expériences en laboratoire, qui m'ont presque donné envie de tout abandonner. Parfois, j'avais l'impression de me battre seule et de devoir me partager entre être « la doctorante » et être « tout le reste ». Heureusement, mes amis m'ont toujours soutenue et ma famille m'a donné la force de continuer, malgré les difficultés et la distance. Quelque chose d'aussi simple que de manger un éclair (mon dessert français préféré) ou de regarder une photo de mes chatons qui m'attendaient dans mon pays m'a suffi pour retrouver mon équilibre et essayer d'améliorer ma thèse sans négliger les autres aspects de ma vie... et ça a marché !
Quelle est selon vous l’importance qu’auront eu vos expériences à l’étranger ? Que vous ont-elles apporté?
Je pense que partir à l'étranger, littéralement à l'autre bout du monde, est l'une des meilleures expériences que j'ai vécues, car cela m'a permis de mûrir sur le plan professionnel, mais surtout sur le plan personnel. J'ai beaucoup apprécié de découvrir d'autres cultures et d'observer, au sein d'un groupe aussi hétérogène, les similitudes et les différences entre les personnes, d'apprendre, de nous aider les uns les autres et de nous amuser tous ensemble. Aujourd'hui, j'ai des amis sur tous les continents et je ne regrette rien, car je suis convaincue que l'une des choses les plus positives qui me soient arrivées pendant ma thèse a été de pouvoir rencontrer des personnes aussi merveilleuses, qui sont plus que cela, elles sont ma famille.
Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse?
Il n'est pas facile de faire un doctorat, ce n'est pas quelque chose que l'on fait simplement parce que l'on veut avoir le titre de ‘Dr’ devant son nom, aussi agréable que cela puisse paraître. Aujourd'hui, je suis chercheuse dans l'une des universités les plus prestigieuses de mon pays, je travaille dans le domaine qui me passionnait déjà quand j'étais enfant, je supervise deux projets importants que je suis de près, j'encadre mes étudiants et j'ai l'occasion de travailler avec des personnes venues du monde entier. C'est littéralement un rêve devenu réalité, basé sur l'effort et la persévérance. Faire une thèse de doctorat est un processus qui vous permet de vous développer à tous les niveaux, ce qui implique de traverser certaines étapes qui vous amèneront à vous demander si vous êtes vraiment fait pour cela. Je pense que ce sentiment est commun à tous ceux qui sont docteurs. Mais si cela vous passionne vraiment, si vous êtes prêt à assumer la responsabilité de rédiger une thèse et à vous plonger dans la recherche et le travail acharné que cela implique, FAITES-LE sans hésiter. Lorsque les choses vont bien, profitez-en, et lorsque les choses vont moins bien, rappelez-vous les raisons pour lesquelles vous vous êtes lancé dans cette aventure.





Commentaires