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Quentin ROUXEL, ingénieur d’essai dans les drones, entre matériaux composites et cellules photovoltaïques


Quentin ROUXEL
Quentin ROUXEL

Merci d'avoir accepté l'interview.

 

Pouvez-vous décrire votre parcours ?

Depuis l’enfance, j’ai toujours été intéressé par les sciences et technologies en général. J’adorais démonter des objets pour comprendre comment ils fonctionnaient, lire des livres de vulgarisation scientifique, … J’ai donc fait un bac S puis j’ai rejoint l’INSA de Rennes. Pendant ma formation d’ingénieur, j’ai choisi la spécialité Sciences et Génie des Matériaux [maintenant appelée Génie Physique et Matériaux]. Une fois le diplôme obtenu, j’ai eu envie de découvrir le monde industriel, la question de poursuivre en thèse ne s’est donc pas tellement posée. J’ai postulé pour des postes d’ingénieur d’essai, car ce type de poste me permettait, d’après l’expérience de mes stages, d’avoir à la fois un pied dans le monde industriel et de garder un côté scientifique fort avec l’instrumentation, l’analyse des essais, … J’ai donc travaillé trois ans dans le milieu automobile en tant qu’ingénieur d’essai. Au bout de ces trois années, j’ai eu envie de changer de secteur industriel, de découvrir de nouvelles choses et d’approfondir le côté scientifique dans mon quotidien. J’ai donc candidaté à quelques thèses CIFRE dont les sujets me plaisaient vraiment. L’aspect industriel d’une thèse CIFRE était capital pour moi, car je souhaitais travailler sur un sujet appliqué, ancré dans le monde économique. J’ai effectué mon doctorat entre le laboratoire de mécanique GeM à Saint Nazaire et XSun, entreprise développant un drone solaire, à Guérande. Ma thèse est intitulée « Vieillissement mécanique de cellules photovoltaïques intégrées à la structure composite des ailes d’un drone solaire ». Suite à ma soutenance, au cours de l’été 2022, j’ai été embauché par XSun comme ingénieur d’essai.


Quelle est la place d’un doctorant CIFRE ?

Être entre le laboratoire et une entreprise peut être perturbant au début. En effet, les deux entités ont leurs propres langages, leurs propres temps, des intérêts qui peuvent être différents également. Toutefois, j’ai trouvé ce rôle d’interlocuteur très intéressant. En effet, il oblige à vulgariser et/ou approfondir des concepts en s’adressant à des personnes spécialistes ou non d’un domaine. Il pousse aussi à choisir entre ce qui est nécessaire au travail de thèse et ce qui ne l’est pas. Il a surtout permis, dans mon cas, de rencontrer et de faire se rencontrer deux mondes qui sont parfois très cloisonnés.


Quel était votre quotidien en tant que doctorant?

L’avantage d’être doctorant est qu’il n’y a pas de routine. Nous faisions des points semestriels entre mes encadrants académiques et industriels afin de discuter des résultats obtenus et de l’avancement global du projet. Je conservais une liberté importante et choisissais mes axes d’étude tant qu’ils permettaient d’apporter des réponses aux verrous scientifiques soulevés par mon sujet. Ma thèse étant assez expérimentale, j’ai dû concevoir et réaliser des bancs d’essais, des éprouvettes de test, gérer l’instrumentation, le suivi des essais et l'analyse de toutes les données obtenues. J’ai également fait un travail numérique de simulation et de statistique afin de valider et d’étendre mes résultats expérimentaux. Certains jours étaient donc passés entièrement en atelier, d’autres devant des machines et bancs d’essais et finalement d’autres devant un PC. Cette variation des tâches a été très importante pour moi.


Finalement, quel est votre poste aujourd’hui et en quoi votre thèse vous a-t-elle aidée ?

Mon poste aujourd’hui est ingénieur d’essai chez XSun. L’entreprise développe un drone solaire et mon objectif est qu’il fonctionne dans les conditions définies par sa fiche technique. Je dois donc faire en sorte de vérifier, que dans des conditions environnementales établies, il fonctionne normalement. Cela passe par des essais avec les laboratoires de test ou des essais développés en interne. Il y a également une partie de mon travail sur la validation mécanique afin de s’assurer de l’intégrité de la structure au cours des vols. Le but final de ces essais est d’obtenir des certifications permettant de faciliter réglementairement le vol du drone. Un dernier axe de mon quotidien est la validation des composants. Avant d’intégrer ou de modifier un composant du drone, il convient de s’assurer qu’il ne dégrade pas les performances du drone, qu’il est conforme à sa fiche technique, qu’il corresponde à nos besoins, … Mon emploi actuel s’inscrit donc dans la prolongation de ma thèse. La curiosité, la remise en question et l’ouverture d’esprit sont, je pense, nécessaires au succès d’un travail de thèse, mais sont également cultivés durant celle-ci. L’adaptation et le besoin d’organisation sont des capacités que j’ai dû developper au cours de ces trois années. Les bénéfices d’une thèse ne sont donc pas que professionnels, mais aussi, pour moi, personnels.

 

 


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