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Une thèse CIFRE dans l’industrie biomédicale : un accélérateur professionnel pour les passionnés de technique et apprentis chercheurs


Maxime BENCHEMOUL
Maxime BENCHEMOUL

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.


Pouvez-vous retracer votre parcours qui vous a conduit à entreprendre une thèse ?

Depuis petit, j’ai toujours eu un certain intérêt pour les sciences et comprendre comment les choses fonctionnent, c’est donc naturellement que je me suis orienté vers un bac S option sciences de l’ingénieur (et aussi option physique-chimie, par curiosité). J’ai ensuite quitté la région parisienne pour venir faire un DUT Génie Électrique et Informatique Industrielle à l’IUT de Tours. C’est durant ces deux années que j’ai découvert l’univers passionnant de l’électronique et que j’ai commencé à concevoir mes premières bricoles, amplis hifi, enceintes, sur mon temps libre. Puis, j’ai enchaîné avec un diplôme d’ingénieur à Polytech Tours en Électronique et Systèmes de l'Énergie Électrique. A la fin de ce parcours, nous étions sur le point de créer notre propre entreprise avec deux de mes camarades et une connaissance qui avait déjà beaucoup d’expérience dans l’industrie, afin de développer des capteurs intelligents pour les villes : rien ne me prédestinait à faire un doctorat quelques mois plus tard !

Finalement, ce projet n’a pas abouti et j’ai trouvé un emploi d’ingénieur électronicien dans une entreprise tourangelle, Vermon, spécialisée dans la conception et fabrication de transducteurs ultrasonores pour le secteur médical principalement (sondes d’échographie). Après quelques mois de travail dans une équipe de recherche, mon chef de service m’a évoqué la possibilité de continuer en thèse et m’a proposé de commencer à réfléchir à un sujet. L’idée était de basculer en thèse CIFRE au terme de mon contrat initial d’un an. Ce n’était du tout pas un chemin que j’avais en tête, mais l’accueil, la bienveillance et l’expertise technique de l’équipe que je côtoyais depuis quelques mois m'ont fait changer d’avis.

 

Pourquoi une thèse CIFRE ?

J’étais déjà embauché dans l’entreprise, donc c’était le choix évident. Si j’ai accepté la proposition de continuer en thèse, c’était par curiosité de domaine dans lequel je venais de mettre un pied mais surtout pour l’équipe humaine qu’il y avait autour de moi.

La thèse CIFRE est une très belle opportunité pour quelqu’un qui souhaiterait se spécialiser (ou même se diversifier, ça dépend du sujet dans lequel on s’engage) dans un domaine scientifique de recherche précis, en ayant évidemment un pied dans le monde académique mais tout en gardant en ligne de mire les potentiels débouchés industriels.

 

En quoi consiste ta thèse en quelques mots ?

Au départ, nous avions écrit (avec mon encadrant industriel) un sujet de recherche axé autour du développement d’une sonde d’échographie innovante sous forme de patch flexible, pour des applications portables, dans laquelle nous souhaitions également intégrer un système d’instrumentation électronique miniaturisé pour monitorer le positionnement des transducteurs afin de garantir un fonctionnement optimal de la sonde (i.e. pouvoir focaliser les faisceaux acoustiques en tenant compte de la déformation du patch). Finalement, après concertation avec le laboratoire et l’équipe industrielle, nous avons changé notre fusil d’épaule et je me suis plutôt concentré sur une application concrète et potentiellement portable : la mesure de la vitesse de l’onde de pouls dans des artères superficielles, par ultrasons. Autour de cette thématique, j’ai également travaillé sur la conception électronique d’un premier système d’acquisition ultrasonore miniaturisé (que j’ai programmé tout seul comme un grand, grâce au support du laboratoire et de collègues), ainsi que sur la conception d’une sonde acoustique dédiée à l’application. Cette dernière n’a pas été conçue pour être flexible, mais l’innovation et l’originalité venaient de son architecture et de sa fabrication. L’électronique n’aura pas eu l’occasion de fonctionner avec sa sonde, faute de temps, mais celle-ci aura quand même pu être exploitée avec un système d’acquisition de recherche pour développer et tester la méthode de mesure innovante, qui donna des résultats très encourageants.

 

Quel est ton poste actuel et que t’a apporté ton doctorat dans ce poste ?

Je travaille toujours pour Vermon, au poste d’ingénieur en conception électronique et j’ai également comme rôle celui de piloter les développements technologiques électroniques de notre équipe de R&D “Sondes Actives”. C’est notamment grâce à l’ouverture d’esprit et l’expérience pluridisciplinaire acquise au cours de mon doctorat que l’on a pu me proposer ces quelques responsabilités.

De mon point de vue, la thèse CIFRE est un véritable accélérateur professionnel. C’est l’occasion de s’intégrer dans une équipe, de gagner en autonomie et aussi en crédibilité.

 

Avez-vous des conseils pour une personne qui hésiterait à se lancer dans une thèse ?

Il me paraît essentiel d’oublier le mythe du doctorat réservé aux élites des promotions : c’est loin d’être la réalité, c’est bien plus ouvert que ça. De plus, l’approche de travail est complètement différente de celle que l’on a l’habitude d’aborder en école d’ingénieur ou à la fac puisqu’ici l’objectif est de creuser un sujet bien précis, tout au long de la thèse. Inutile donc de préciser qu’au bout de 3 ans, on commence normalement à sérieusement bien maitriser son sujet.

Bien-sûr il ne faut pas se leurrer, le doctorat reste une épreuve qui demande de la rigueur, du travail (surtout pour la rédaction, qui peut être assez longue), et de sortir de sa zone de confort. Mais si vous êtes curieux, passionné par le sujet, et que vous vous sentez bien entouré professionnellement et académiquement, il faut définitivement l’envisager et vous lancer !

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