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Faire de la recherche en passant par l’école de commerce

Photo du rédacteur: Nathan SORIN
Nathan SORIN
il y a 4 heures
3 min de lecture
Nathan SORIN
Nathan SORIN

Merci beaucoup pour votre témoignage;

 

Peux-tu nous présenter ton parcours et pourquoi as-tu décidé de faire une thèse ?

Je suis d’abord passé par une classe préparatoire aux grandes écoles de commerce. J’ai ensuite intégré l’emlyon business school. La philosophie pédagogique de l’école est très tournée vers l’action. J’ai donc commencé à m’investir dans des projets professionnalisants (par exemple un stage à Barcelone en conseil dans l’industrie du cannabis ou des missions autour de la communication et de la levée de fonds avec l’association France Nature Environnement Auvergne Rhône-Alpes). Durant ces projets, j’ai remarqué que mes compétences théoriques et méthodologiques étaient trop légères à mon goût et j’ai commencé à lire des articles de recherche pour faire de meilleures recommandations. Ces expériences m’ont attiré vers la recherche académique. J’ai rejoint un master recherche en management, en double-diplôme avec l’iaelyon. J’ai accroché dès le premier cours en théorie des organisations. J’ai ensuite poursuivi en thèse dans le programme PhD de SKEMA Business School, pour suivre mon encadrante de master, nouvellement recrutée là-bas pour lancer un centre de recherche en gestion sur l’Intelligence Artificielle. Je poursuis actuellement ma recherche en « postdoc » à la TUM School of Management, une école de commerce au sein de la Technical University of Munich, en Allemagne.


En quoi consiste ta thèse en quelques mots ?

Ma thèse s’intéresse à la durabilité des stratégies d’entreprise intégrant l’IA. Je suis parti du constat que nous avions de très bons travaux en informatique montrant que tout usage de l’IA a des effets négatifs liés aux serveurs réquisitionnés. Toutefois, les usages de l’IA qui pourraient justifier (ou non) ce coût environnemental direct étaient moins compris, et j’ai considéré qu’il y avait une opportunité de contribuer un angle de lecture intéressant en tant que chercheur en sciences de gestion/stratégie. Ma thèse montre qu’il est important de considérer où l’IA est utilisée, quelle IA est utilisée, et comment elle est utilisée pour déterminer la durabilité d’un usage. En d’autres termes, la taille compte, et la façon de s’en servir aussi ! J’ai collecté mes propres jeux de données au niveau des entreprises pour étudier ce sujet.


Quelles sont, selon toi, les compétences valorisables apprises grâce au doctorat ?

La première compétence, valorisable au travail et dans la vie de tous les jours est la capacité à mieux discerner la qualité d’une information à laquelle on est exposé. Nous entrons dans une période où l’IA accélère la pollution épistémique, pour reprendre un concept dans la littérature académique. Créer de la connaissance est le meilleur moyen d’apprendre à évaluer une prétendue connaissance.

Le doctorat permet aussi de développer la capacité à prendre la parole en public et à communiquer. En effet, un doctorant doit enseigner et présenter ses travaux, à la fois à des collègues mais aussi des entreprises, des associations ou le grand public.

Un doctorant développe aussi de réelles compétences techniques qui peuvent être extrêmement valorisables. Il y a les méthodes classiques d’analyse de données par exemple, mais à présent, il y aussi la possibilité de démontrer une connaissance des nouveaux outils d’intelligence artificielle générative ou agentique si vous avez été numériquement agile durant votre thèse.


Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?

Déterminez à l’avance ce que vous voulez faire après la thèse et votre tolérance au risque et au stress. Cela déterminera le type de thèse pour vous, car c’est une jungle, et il y a véritablement plusieurs types de thèse. Par exemple vous pouvez faire une thèse CIFRE en France en trois ans à l’université et en entreprise pour ensuite rester dans l’entreprise. Vous pouvez aussi choisir de faire un « predoc » dans une université aux Etats-Unis suivi d’un PhD de sept ans car vous voulez vous lancer dans une carrière académique internationale dans un environnement très valorisé.

Assurez-vous d’être passionné par la recherche (sinon vous n’accepterez pas la charge de travail élevée sur plusieurs années), mais regardez aussi les débouchés ! La thèse en école de commerce permet peut-être d’ouvrir plus de portes par exemple.

Choisissez très attentivement votre directeur de thèse et le programme doctoral qui vous accueille. Parlez aux doctorants et aux alumni avant de candidater pour vous assurer que l’ambiance est faite pour vous.

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