Issam MAZHOUD, PhD, Solution Architect chez DecisionBrain.

Dernière mise à jour : 20 juin

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.



Vous avez rejoint DecisionBrain après votre thèse. Quelle a été la genèse et la démarche ?

Je suis Ingénieur en Génie Industriel diplômé de l’école de Génie Industriel de Grenoble INP. C’est pendant mes études d’ingénieur que j’ai découvert l’optimisation et la recherche opérationnelle. La recherche opérationnelle est une branche des mathématiques appliquées qui permet de résoudre des problèmes d’optimisation.

C’est une discipline très proche du Génie Industriel, car dans beaucoup de ses applications, elle permet d’optimiser les opérations industrielles, de la production, à la logistique, en passant par la maintenance et la main d’œuvre. C’est une discipline qui m’a permis d’avoir des outils puissants permettant de résoudre les problèmes d’aide à la décision dans l’industrie.


Souhaitant approfondir mes connaissances dans cette discipline, tout en gardant le contact avec l’industrie, j’ai effectué un master puis une thèse CIFRE en collaboration avec l’entreprise Hager Group. Ma thèse de doctorat avait pour objectif de développer des outils d’aide à la décision pour la conception de produits. Pendant ma thèse, j’ai aidé à résoudre des problèmes d’optimisation pour la conception de produits. Plus précisément, j’ai développé des méthodes qui permettent de répondre à la question suivante : « Quelles doivent être les caractéristiques de mon produit de telle sorte à ce qu’il réponde à un cahier des charges précis ». C’est donc un problème de décision sous contraintes, avec l’objectif de minimiser des critères de coût.


2 mois avant ma soutenance de thèse, j’ai entamé ma recherche d’emploi: c’est là où j’ai rencontré DecisionBrain pour la première fois. A l’époque, DecisionBrain était encore à ses débuts, et me proposait une position de consultant en optimisation. C’était donc une continuité naturelle à mon parcours d’ingénieur et de docteur.


Aujourd’hui chez DecisionBrain, je participe au développement de solutions d’aide à la décision pour diverses industries. Cela commence généralement par des sessions de découverte qui permettent de préciser le besoin et de construire un cahier des charges fonctionnel et technique. Ensuite, vient la partie développement de la solution, suivi par des phases de tests et de validation, avant de déployer la solution en production.


Quel est votre parcours chez DecisionBrain, et quelles sont vos fonctions actuelles ?

J’ai rejoint DecisionBrain en 2014 en tant que consultant en optimisation. Ma mission principale était de participer au développement de solutions d’aide à la décision pour plusieurs de nos clients telles que :

  • Comment planifier la production de telle sorte à maximiser le niveau de service tout en minimisant les coûts ?

  • Comment ordonnancer les ordres de production des pièces automobiles, et à quel moment doit-on passer des voitures blanches aux voitures noires ?

  • A quel technicien je dois affecter quelle tâche, de façon à minimiser son temps de trajet tout en respectant les contraintes des clients.

J’ai gagné en expérience avec les différents projets auxquels j’ai participé, et j’occupe depuis quelques années le rôle d’architecte de solution. C’est un rôle qui fait le lien entre la vente et le côté technique. Dans ce rôle, j’ai plusieurs missions :

  • Conseiller techniquement nos clients afin de les aider à répondre à un besoin business spécifique

  • Faire des démonstrations et développer des prototypes dans les phases préliminaires des projets

  • Rédiger les spécifications fonctionnelles et techniques des solutions qu’on développe

  • Faire le dimensionnement des projets : humain, temporel et financie

Quels sont les apports de votre diplôme d’ingénieur et thèse sur votre poste actuel ?

Afin de bien conseiller un client, il faut être capable de se mettre à sa place afin de comprendre ses besoins et ses contraintes. Ceci permet de lui proposer les solutions les plus adaptées. Il faut donc avoir une connaissance du fonctionnement du monde industriel, et c’est ce que mes études en Génie Industriel m’ont apporté.

De mon point de vue, la thèse apporte beaucoup plus que l’expertise technique pure. Certes, l’expertise technique m’a donné les outils que j’utilise régulièrement pour construire des solutions à nos clients. Au-delà de cette expertise, il y’a le savoir-faire et le savoir-être (soft skills) qui jouent un rôle important dans mon parcours professionnel. Personnellement, ma thèse me donne l’expertise technique en optimisation ainsi que l’ouverture d’esprit nécessaire au processus de recherche et d’apprentissage continu.


Quelle est selon votre expérience l’intérêt d’effectuer un doctorat si on est attiré par le privé ?

C’est une question qui revient assez souvent en sortie d’école d’ingénieur ou d’université.

D’abord, l’expertise technique dans les domaines à forte spécialisation, en particulier les mathématiques appliquées, peut justifier la poursuite d’une thèse. Ce sont des domaines assez vastes, et une thèse de doctorat permet d’approfondir les connaissances et l’expérience dans ces domaines.

Ensuite, il ne faut pas voir une thèse de doctorat comme étant exclusivement théorique ou universitaire. Aujourd’hui, de plus en plus de thèses se font dans un contexte industriel (CIFRE, collaborations…). Et même les thèses en laboratoire ont souvent une dimension appliquée, surtout dans les domaines de l’ingénierie.

Ensuite, au-delà de l’expertise technique, la thèse de doctorat permet de travailler dans des domaines à la pointe de la recherche, ce qui renforce les dimensions d’autonomie, et de curiosité scientifique.