J’ai toujours aimé les voitures… jusqu’à en faire mon sujet de recherche
- Primela FANOU

- il y a 12 heures
- 5 min de lecture
Merci pour votre témoignage

Version française
Pouvez-vous présenter votre parcours et ce qui vous a motivée à entreprendre un doctorat en ingénierie ?
Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours été fascinée par les véhicules. Avec le temps, cet intérêt s’est approfondi à mesure que je découvrais les systèmes qui les composent. Comprendre leur fonctionnement est devenu une véritable source de motivation, et j’ai naturellement voulu aller plus loin.
Au cours de mon parcours en école d’ingénieur, j’ai eu l’opportunité de travailler, à travers différents stages, sur des sujets directement liés au domaine automobile. Ces expériences ont renforcé mon intérêt et ont progressivement orienté mon attention vers les véhicules électriques, au cœur des enjeux actuels de transition énergétique.
C’est dans cette continuité que le doctorat s’est imposé comme une évidence : il représentait pour moi le meilleur moyen d’approfondir mes connaissances, de contribuer à l’innovation dans ce domaine et de m’inscrire pleinement dans une démarche de recherche appliquée.
Aujourd’hui, je poursuis mes travaux de recherche au sein des laboratoires ERERA et ERTE de l’Université Mohammed V de Rabat.
Pouvez-vous décrire brièvement votre sujet de thèse et les problématiques scientifiques que vous explorez ?
Mes travaux de recherche portent sur les commandes avancées pour les véhicules électriques multi-moteurs. L’objectif est de développer des stratégies de contrôle capables d’améliorer à la fois l’efficacité énergétique, la robustesse et la tolérance aux défauts des systèmes de motorisation.
Je m’intéresse notamment à des architectures de contrôle hiérarchiques, combinant des approches issues du contrôle optimal, de l’optimisation sous contraintes et, plus récemment, des techniques d’intelligence artificielle. L’enjeu est de concevoir des solutions à la fois performantes et compatibles avec des contraintes de mise en œuvre en temps réel.
Ces travaux s’inscrivent dans un contexte global de transition vers une mobilité plus durable, où les véhicules électriques jouent un rôle central.
Comment vivez-vous l’expérience du doctorat et quels en sont les défis les plus marquants ?
Le doctorat est une expérience à la fois exigeante et extrêmement enrichissante. Il demande de la rigueur, de la persévérance et une capacité à évoluer dans l’incertitude.
L’un des principaux défis réside dans le fait de travailler sur des problématiques ouvertes, pour lesquelles il n’existe pas toujours de solution immédiate. Cela oblige à développer une forte autonomie, ainsi qu’une capacité à remettre en question ses propres approches.
En parallèle, la participation à des conférences internationales et la rédaction d’articles scientifiques permettent de confronter ses travaux à la communauté et de s’inscrire dans une dynamique de recherche collaborative.
Quelles compétences scientifiques et humaines développez-vous au cours de votre doctorat ?
Le doctorat permet de développer un ensemble de compétences particulièrement riches.
Sur le plan scientifique, il renforce la capacité à modéliser des systèmes complexes, à concevoir des stratégies de contrôle avancées et à analyser des résultats de manière critique.
Sur le plan humain, il développe l’autonomie, la gestion du temps, la résilience face aux difficultés, ainsi que la capacité à communiquer des idées complexes de manière claire, à l’écrit comme à l’oral.
Quels conseils donneriez-vous à un étudiant ou une étudiante qui hésite à se lancer dans un doctorat ?
Je conseillerais avant tout de bien comprendre ses motivations. Le doctorat est un engagement exigeant, mais extrêmement formateur.
Il est essentiel de choisir un sujet qui suscite un réel intérêt, ainsi qu’un environnement de travail stimulant. L’encadrement joue également un rôle clé dans la réussite du parcours.
Enfin, il ne faut pas craindre les difficultés : elles font partie intégrante du processus et sont souvent les moments les plus formateurs.
Ce qui a commencé comme une fascination d’enfance pour les voitures est aujourd’hui devenu un parcours visant à les comprendre et à les améliorer à travers la recherche.
FANOU Primela, ingénieure en systèmes embarqués et doctorante, engagée dans la recherche et l’innovation.
English version
I’ve always loved cars… and now they are my research field
Could you present your background and what motivated you to pursue a PhD in engineering?
Since my early childhood, I have always been fascinated by cars. Over time, this interest deepened as I began to understand the complex systems behind them. What started as curiosity gradually turned into a strong desire to go beyond surface-level understanding and truly explore how these systems work.
During my engineering studies, I had the opportunity to work on several automotive-related projects through internships. These experiences played a key role in shaping my interests and naturally led me toward electric vehicles, which are at the heart of today’s energy transition challenges.
Pursuing a PhD became a natural step for me. It was the best way to deepen my knowledge, contribute to innovation in this field, and fully engage in research focused on real-world engineering systems.
Today, I am pursuing my PhD research within the ERERA and ERTE laboratories at Mohammed V University in Rabat.
Could you briefly describe your PhD research topic and the scientific challenges you are addressing?
My research focuses on advanced control strategies for multi-motor electric vehicles. The main objective is to develop control approaches that enhance energy efficiency, robustness, and fault tolerance in electric powertrain systems.
More specifically, I work on hierarchical control architectures that combine optimal control, constrained optimization, and more recently, artificial intelligence techniques. One of the key challenges is to design control strategies that are not only high-performing but also compatible with real-time implementation constraints.
This work is part of a broader context of sustainable mobility, where electric vehicles play a crucial role.
How would you describe your experience as a PhD student and what have been the main challenges?
A PhD is both a demanding and highly rewarding experience. It requires rigor, perseverance, and the ability to deal with uncertainty.
One of the main challenges lies in working on open-ended problems, where solutions are not immediately available. This pushes you to develop strong autonomy, critical thinking, and the ability to continuously question your own approaches.
At the same time, participating in international conferences and writing scientific papers are key milestones that allow you to share your work and engage with the research community.
What scientific and personal skills have you developed during your PhD?
A PhD allows you to develop a wide range of valuable skills.
From a scientific perspective, it strengthens your ability to model complex systems, design advanced control strategies, and critically analyze results.
On a personal level, it helps you build autonomy, time management skills, resilience, and the ability to clearly communicate complex ideas, both in writing and orally.
What advice would you give to a student who is considering pursuing a PhD?
My first advice would be to clearly understand your motivations. A PhD is a demanding journey, but it is also extremely rewarding.
It is important to choose a topic that genuinely interests you and to work in a supportive and stimulating environment. The supervision and research team play a key role in shaping the experience.
Finally, do not be afraid of challenges. They are an integral part of the process and often the most valuable learning opportunities.
What started as a childhood fascination with cars has now become a journey to understand and improve them through research.
FANOU Primela, Embedded Systems Engineer and PhD candidate, dedicated to research and innovation.




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