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La Recherche appliquée, un levier de différentiation indispensable pour l’industrie.


Imane KRIMI
Imane KRIMI

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview

 

Pourquoi avez-vous choisi la voie de la recherche ?

La recherche a toujours été une évidence pour moi, presque comme si elle m'avait choisie. Depuis mon enfance, je suis passionnée par les revues scientifiques, et j'ai toujours eu soif de comprendre le fonctionnement des choses, de tisser des liens entre différents sujets. Mes parents ont grandement influencé cette curiosité dès mon plus jeune âge. Je me rappelle des sorties en géologie avec ma mère et des après-midis à la plage où mon père me demandait pourquoi il était plus facile de construire un château de sable avec du sable humide que sec.

Ces questions incessantes ont éveillé en moi une vocation, bien que je n'en eusse pas conscience à l'époque. Mon parcours scolaire s'est donc naturellement orienté vers les sciences, jusqu'à obtenir mon baccalauréat en sciences mathématiques, puis intégrer les classes préparatoires MPSI. J'ai ensuite poursuivi mes études à l'École Hasssania des Travaux Publics, au Maroc, où j'ai suivi un cursus d'ingénieur d'État en génie civil.

C'est à l'école d’ingénieurs que j'ai réellement compris mon attrait pour les matériaux, en particulier lors des cours où j'avais la liberté de questionner et de comprendre le fonctionnement des choses. J'ai alors réalisé que ma voie était celle de la recherche, et c'est ainsi que j'ai décidé de partir en France pour suivre un Master 2 de Recherche à l'École Centrale de Lille.

 

Comment avez-vous trouvé votre sujet de thèse ?

À mon arrivée à Centrale Lille, je n'étais pas certaine de vouloir entreprendre une thèse. Je souhaitais d'abord découvrir ce que signifiait mener un projet de recherche. J'ai ainsi réalisé mon projet de fin d'études au sein du laboratoire de génie civil de l'école, travaillant sur le développement d'un modèle de vieillissement accéléré d'un textile utilisé en façade de bâtiments. Cette expérience m'a permis de confirmer ma volonté d'entreprendre une thèse, surtout en recherche appliquée.

J'ai alors obtenu une offre de thèse CIFRE entre le laboratoire de génie civil et l'entreprise Bouygues Construction, portant sur le développement de l'impression 3D pour la construction, une opportunité que j'ai immédiatement saisie.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience de doctorat CIFRE ?

Mon travail de thèse a porté sur un sujet fascinant : l'impression 3D pour la construction de maisons. En 2015, l'intérêt pour cette technologie en France était palpable, avec des discussions sur sa capacité à révolutionner la construction. J'ai été chargée par Bouygues Construction d'étudier le potentiel de cette technologie et les obstacles techniques à son déploiement.

Au laboratoire de génie civil de Centrale Lille, j'ai contribué à formuler et définir un cahier des charges pour caractériser l'imprimabilité d'un matériau cimentaire. En collaboration avec d'autres laboratoires, notamment le laboratoire de robotique et d'automatisation, j'ai participé au développement d'un prototype d'imprimante 3D. Notre travail a abouti à l'impression et à la caractérisation physique et mécanique de premiers éléments.

Ma thèse a permis de démystifier cette technologie auprès des acteurs du secteur et de montrer qu'elle était complémentaire aux méthodes de construction traditionnelles, telles que la préfabrication.

 

Quel est votre poste actuel et quel a été votre parcours après la thèse ?

Je suis actuellement responsable des nouveaux modes constructifs chez Saint Gobain Weber, où je développe des solutions respectueuses de l'environnement et améliorant le confort dans les bâtiments. Mon poste, entre R&D et Marketing stratégique, implique le déploiement de produits sur des marchés non conventionnels, nécessitant une compréhension approfondie des défis techniques et des opportunités du marché, une compétence que j'ai acquise lors de ma thèse.

Avant cela, j'ai occupé chez Saint Gobain PAM le poste d'ingénieur R&D en revêtements minéraux de tuyaux en fonte, où j'ai amélioré la qualité et réduit les coûts de production grâce à une compréhension approfondie du processus industriel.

En résumé, chacune de mes expériences professionnelles a été une opportunité de créer de la valeur à partir d’une question, d’un besoin, une compétence essentielle que j'ai développée tout au long de ma thèse.


Quelles leçons tirez-vous de votre expérience de doctorat que vous souhaitez partager ?

Le parcours doctoral est parsemé d'incertitudes, et la culture de la recherche peut parfois sembler éloignée du monde professionnel. C'est pourquoi il est essentiel de choisir de faire une thèse par conviction et passion et non par défaut.

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