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La recherche scientifique : de la quĂȘte de sens aux solutions de demain

  • Photo du rĂ©dacteur: Quentin BOURGOGNE
    Quentin BOURGOGNE
  • 9 fĂ©vr.
  • 4 min de lecture
Quentin BOURGOGNE
Quentin BOURGOGNE

Félicitations pour votre livre

« Le Plastique, Secret Minceur de l’Industrie Automobile » aux Ă©ditions EDP Sciences


Pouvez-vous retracer votre parcours qui vous a conduit Ă  entreprendre une thĂšse ?

J’ai dĂ©marrĂ© mon parcours par une Ă©cole d’ingĂ©nieurs, l’Ecole Nationale d’IngĂ©nieurs de Metz (ENIM). En y entrant, je n’avais pas encore une vision claire du domaine dans lequel je voulais travailler. L’idĂ©e d’entreprendre une thĂšse est donc venue bien aprĂšs. Être au contact d’enseignants-chercheurs passionnĂ©s et aborder des notions scientifiques poussĂ©es m’ont convaincu de poursuivre dans le domaine plus technique, axĂ© sur la mĂ©canique thĂ©orique et sur la science des matĂ©riaux. C’est une fois arrivĂ© en cinquiĂšme annĂ©e que j’ai dĂ©cidĂ© de mener un master Recherche en parallĂšle de mon diplĂŽme d’ingĂ©nieur, afin de poursuivre dans la recherche scientifique. C’est un domaine que je trouve excitant car trĂšs exploratoire et qui permet d’apprendre continuellement. Cela en fait un environnement trĂšs stimulant pour les rĂȘveurs ! C’est Ă©galement un mĂ©tier qui nous permet de ressentir de belles Ă©motions car il est toujours valorisant de savoir que, lorsque nos recherches aboutissent, pendant un instant, nous dĂ©tenons un petit morceau de vĂ©ritĂ© que nous sommes les seuls Ă  possĂ©der.

 

En quoi consiste votre thĂšse en quelques mots ?

J’ai fait une thĂšse CIFRE sur le dimensionnement de piĂšces automobiles en composites, en partenariat avec une entreprise. L’objectif Ă©tait de remplacer des piĂšces mĂ©talliques par des piĂšces en polymĂšres renforcĂ©s de fibres, moins Ă©nergivores Ă  produire et bien plus lĂ©gĂšres. L’application souhaitĂ©e Ă©tant une pompe Ă  eau de refroidissement de moteur, j’ai travaillĂ© sur la caractĂ©risation expĂ©rimentale des matĂ©riaux et le dĂ©veloppement de modĂšles mathĂ©matiques permettant de prĂ©dire leur rĂ©sistance en fonction de nombreux paramĂštres tels que l’orientation et le dĂ©collement des fibres, la tempĂ©rature et l’absorption d’eau. Ces Ă©lĂ©ments ont permis de donner aux ingĂ©nieurs travaillant sur ce type de piĂšces les outils nĂ©cessaires Ă  l’estimation de la rĂ©sistance rĂ©elle de la piĂšce en train d’ĂȘtre conçue, en fonction de son environnement de sollicitation.

 

Pourquoi une thĂšse CIFRE ?

La thĂšse CIFRE permet de vivre un concentrĂ© d’expĂ©riences diffĂ©rentes. Elle allie recherche fondamentale et appliquĂ©e et permet de se familiariser avec les contraintes relatives Ă  la recherche et les Ă©chĂ©ances propres au monde industriel. Ma formation d’ingĂ©nieur m’a ainsi Ă©tĂ© particuliĂšrement utile car, en plus de mes travaux de thĂšse, j’ai pu porter la casquette de chef de projet et d’expert sur le choix de matĂ©riaux. La force de la thĂšse CIFRE est qu’elle permet d’avoir une vue d’ensemble des diffĂ©rentes nuances du mĂ©tier de chercheur, selon qu’il Ă©volue dans un laboratoire ou dans un centre R&D, tout en ayant la satisfaction de voir une application directe de ses travaux.

 

Pourquoi avoir choisi la recherche publique aprÚs la thÚse ?

L’avantage de la thĂšse CIFRE Ă©tant d’avoir les deux visions du mĂ©tier, j’avais tous les Ă©lĂ©ments en mains pour choisir. J’ai choisi le domaine public pour plusieurs raisons. La premiĂšre Ă©tant tout simplement un attrait pour la science fondamentale. Cela m’aurait frustrĂ© de rĂ©flĂ©chir en termes de produit et de ne travailler que sur une application. Travailler dans le domaine public permet de diffuser plus librement mes travaux et toucher ainsi toutes les applications oĂč cela pourrait s’avĂ©rer utile, tout en ayant la possibilitĂ© d’explorer des pistes que le calendrier industriel ne permettrait pas. La seconde raison dĂ©coule directement de la premiĂšre. En effet, j’ai toujours eu Ă  cƓur d’agir selon mes valeurs et de donner un sens noble Ă  mes actions. J’ai ainsi privilĂ©giĂ© ce que j’estimais ĂȘtre le bien commun en rendant mes travaux publics pour toucher le plus grand nombre d’applications, de l’automobile Ă  l’aĂ©rospatial, et maximiser ainsi leur impact. Il aurait bien sĂ»r Ă©tĂ© plus lucratif de travailler dans le secteur industriel, mais je n’aurais pas eu la satisfaction de savoir que mes travaux sont aujourd’hui intĂ©grĂ©s dans les logiciels de rĂ©fĂ©rence internationale et utilisĂ©s par les plus grands groupes industriels. C’est Ă©videmment une belle reconnaissance Ă  titre personnel, mais plus important encore, j’ai ainsi la certitude que mes travaux sont utiles et utilisĂ©s Ă  travers le monde et pour diverses applications. Bien que ce soit une goutte d’eau dans l’ocĂ©an, je sais ainsi que j’ai, mĂȘme trĂšs modestement, permis d’allĂ©ger bien des structures et permis d’économiser autant de tonnes de CO2 Ă  notre atmosphĂšre. Se lever tous les matins pour contribuer un tant soit peu Ă  la sauvegarde de l’espĂ©rance de vie humaine et de la planĂšte, ça, ça n’a pas de prix.


Comment vous projetez-vous professionnellement ?

Je suis dĂ©sormais jeune Maitre de ConfĂ©rences au LEM3, Ă  Metz, et j’enseigne Ă  l’ENIM, lĂ  oĂč j’ai Ă©tudiĂ©. C’est un retour aux sources qui me permet de rendre ce qu’on m’a donnĂ© et de transmettre non seulement des compĂ©tences scientifiques mais Ă©galement mon expĂ©rience afin d’accompagner au mieux les Ă©tudiants dans leur projet professionnel. J’étends mon domaine de recherches aux bio-composites Ă  base de fibres naturelles et aux applications transverses en partenariat avec des Ă©quipes de tribologie et de biomĂ©dical. D’un point de vue personnel, je m’implique dans des projets de vulgarisation et de sensibilisation auprĂšs du grand public autour de la recherche scientifique et des enjeux auxquels elle tente de rĂ©pondre, par envie et par devoir, dans un monde qui n’a jamais changĂ© si rapidement. J’ai ainsi pu Ă©crire des articles pour Unys, The Conversation France et Science & Vie.

J’ai Ă©galement eu le plaisir de publier mon premier livre de vulgarisation scientifique destinĂ© au grand public : « Le Plastique, Secret Minceur de l’Industrie Automobile » aux Ă©ditions EDP Sciences. Il traite d’un peu d’Histoire des sciences (il faut savoir d'oĂč nous partons pour savoir oĂč nous allons), il contient des anecdotes, de l’humour et dĂ©veloppe des thĂšmes de recherche scientifique actuels. La pollution plastique, le recyclage, l’affranchissement du pĂ©trole et la culture de fibres naturelles sont autant de thĂ©matiques abordĂ©es. Au passage, j’invite le lecteur Ă  se glisser dans la peau d’un ingĂ©nieur pour dĂ©couvrir toutes les Ă©tapes nĂ©cessaires Ă  la conception et Ă  la rĂ©alisation d’une piĂšce mĂ©canique au service de la mobilitĂ© de demain.

J’aimerais pouvoir continuer ce travail de vulgarisation et ce dialogue avec les citoyens, quel que soit leur bagage scientifique et quel que soit le format que pourrait prendre ce dialogue, afin de faire partager Ă©quitablement les avancĂ©es qui naissent dans nos laboratoires.

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