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Mon voyage dans le monde de la robotique et de la micro-robotique

  • Photo du rédacteur: Ivan Tchouatat KEPSEU
    Ivan Tchouatat KEPSEU
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture
Ivan Tchouatat Kepseu
Ivan Tchouatat Kepseu

Merci beaucoup pour votre témoignage


Pouvez-vous décrire le parcours qui vous a mené jusqu'au doctorat ?

Ma passion pour les sciences et la technologie remonte au collège. Mais c’est à l’Université de Yaoundé I, au Cameroun, que j’ai construit mes fondations théoriques en physique, mathématiques et informatique. Le tournant est survenu à l’Université de Franche-Comté, à Besançon, où je suis passé d’un environnement théorique à une approche pratique et expérimentale. Après l’obtention de mon master en Automatique et Robotique, j’ai naturellement poursuivi en doctorat au sein du laboratoire FEMTO-ST.


En quoi consistait votre thèse, en quelques mots ?

Ma thèse portait sur la planification de trajectoires pour la micromanipulation dextre.Elle consistait à développer des algorithmes pour automatiser des tâches de manipulation à très petite échelle, dans un contexte où la précision est cruciale et où les lois physiques diffèrent fortement de celles de l’échelle macroscopique. Ces travaux ont donné lieu à une publication en conférence scientifique en 2022, ainsi qu’à une publication dans un journal scientifique en 2025.


Comment avez-vous vécu votre doctorat ?

J’ai vécu le doctorat avec beaucoup de hauts et de bas. Une thèse est loin d'être un long fleuve tranquille. Il y a des moments d'euphorie, lorsque les idées aboutissent ou qu'une expérience fonctionne enfin. Mais il y a aussi des phases de doute profond - ce fameux syndrome de l'imposteur - où l'on remet en question sa légitimité, la valeur de son travail ou sa capacité à aller au bout. Avec le temps, j'ai compris que l'incertitude faisait partie du processus, et j'ai appris à transformer ces doutes en un levier de progression plutôt qu'en frein.


Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour réussir en thèse ?

La première qualité, selon moi, est la curiosité. Une curiosité sincère et durable, qui pousse à explorer, à questionner et à persévérer, même lorsque les résultats tardent à venir. Ensuite, la résilience, car les échecs sont inévitables. Savoir rebondir dans ces moments est essentiel. L'autonomie et la rigueur sont également indispensables, tout comme le fait de savoir demander de l'aide au bon moment. En dernier, je dirais l'humilité : accepter d’apprendre en permanence. Personnellement, j'ai eu la chance d'être accompagné par des encadrants de grande qualité, qui ont joué un rôle déterminant dans mon parcours et dont j’ai énormément appris.


Que retenez-vous de votre expérience en thèse ?

Ce que je retiens avant tout de ma thèse, c’est l’ampleur de l’évolution que j’ai connue, non seulement en tant que chercheur, mais aussi en tant que personne. Une thèse, c'est structurer une réflexion complexe sur plusieurs années, produire de connaissances nouvelles et savoir les transmettre. Je retiens aussi les échanges avec d’autres chercheurs et étudiants, qui ont été tout aussi essentiels que le travail scientifique lui-même. Ils m’ont permis de prendre du recul, de progresser, tant sur le plan intellectuel qu’humain.


Après votre thèse, quel a été votre parcours ?

En 2023, j'ai rejoint Expleo en tant qu'ingénieur-docteur pour travailler sur un projet de recherche et développement autour des trains autonomes. J'y mobilise mon expertise en simulation, prototypage et robotique au sein d'équipes multidisciplinaires. J'ai également eu l'opportunité de prendre la tête d'une équipe, une expérience à la fois humaine et technique, qui m'a appris à fédérer des profils variés vers un objectif commun.


Avez-vous des conseils pour une personne qui hésiterait à se lancer dans une thèse ?

J’encourage tous ceux qui souhaitent faire une thèse à se lancer, parce qu’une thèse est une expérience extrêmement enrichissante. Elle permet de développer des compétences techniques pointues ainsi que des capacités transversales solides, mais elle exige un engagement réel. Les doutes sont inévitables, mais ce qui compte, c'est la manière dont on choisit d'y répondre. Pour ma part, j'ai toujours cette impression d'être encore un thésard quelque part : c'est peut-être là la plus belle leçon de ce parcours.

 

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