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Tracer sa voie en sciences : une aventure de rencontres, de choix et de curiosité

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    Léa PENAZZI
  • il y a 5 heures
  • 5 min de lecture
Léa PENAZZI
Léa PENAZZI

Merci beaucoup pour votre témoignage


Pouvez-vous décrire le parcours qui vous a menée jusqu’au doctorat ?

Depuis très jeune, j’étais attirée par les sciences physiques et la compréhension des phénomènes qui nous entourent. Après une licence puis un master en mécanique des fluides, énergétique et transferts à l’Université Toulouse III, je me suis spécialisée dans les transferts thermiques et leurs applications, notamment autour des problématiques liées à l’énergie.

Lorsque j’ai commencé ma thèse, je n’étais pourtant pas certaine de vouloir devenir enseignante-chercheuse ou chercheuse. En réalité, je savais davantage ce que je recherchais dans la pratique de la recherche que le métier exact que je voulais exercer. J’hésitais entre plusieurs voies, notamment la R&D industrielle et la recherche académique. Une première expérience professionnelle en stage de fin d’études (Master 2) m’avait fait prendre conscience d’un point essentiel : au-delà du sujet scientifique, l’environnement humain, l’autonomie et la manière de travailler sont déterminants.

J’ai donc choisi de poursuivre en doctorat à l’IMT Mines Albi, au sein du laboratoire RAPSODEE et en collaboration avec les laboratoires PROMES (Font-Romeu) et LaPlaCE (Toulouse) avec l’envie de me former solidement à la recherche, dans un cadre où je pourrais développer mon autonomie, ma rigueur scientifique et mon esprit critique.

Ma thèse portait sur la construction de fonctions de transfert par la méthode de Monte Carlo, appliquées à la résolution de problèmes thermiques couplés en géométries complexes. Derrière ce titre très spécialisé, l’objectif était de développer des outils numériques permettant de mieux comprendre et prédire les transferts d’énergie dans des systèmes complexes.

Au-delà du sujet lui-même, ce qui a réellement guidé mon choix a été la manière de faire de la recherche portée par l’équipe que j’ai rejointe.


Comment bien choisir son sujet de thèse et son équipe ?

On insiste souvent sur le choix du sujet de thèse et c’est évidemment important. Mais avec le recul, il me semble que choisir son environnement scientifique et humain l’est tout autant.

Pendant ma thèse, j’ai eu la chance d’être formée au sein du collectif EDStar, qui rassemble des chercheurs issus de nombreux horizons : thermiciens, physiciens théoriciens, spécialistes du climat, informaticiens, biologistes, chimistes... Tous réunis autour du développement des méthodes de Monte Carlo pour résoudre des problèmes complexes en physique et en sciences pour l’ingénieur.

Cette expérience a profondément construit ma manière de penser la recherche. Ce collectif m’a appris qu’avant d’utiliser une méthode ou un outil, il est nécessaire de comprendre ce que l’on fait, de questionner les hypothèses et revenir aux principes fondamentaux.

Je garde notamment le souvenir de nombreuses discussions scientifiques au tableau, où il fallait expliquer son raisonnement, défendre ses choix, accepter de voir une idée remise en question puis reconstruire. Les échanges pouvaient être exigeants, mais la critique portait toujours sur les idées, jamais sur les personnes. C’était une école de rigueur scientifique, mais aussi d’humilité.

J’ai compris que la recherche n’était pas une aventure solitaire : elle se nourrit des différences de parcours, de disciplines et de façons de penser. Aujourd’hui encore, cette manière d’aborder les problèmes scientifiques influence fortement ma façon de travailler.


Qu’est-ce que la thèse vous a apporté ?

La thèse m’a bien sûr apporté des compétences scientifiques : modélisation physique, calcul scientifique, développement numérique et analyse de problèmes complexes. Mais surtout, elle m’a appris à construire un raisonnement.

En recherche, on avance très souvent sans connaître la réponse à l’avance. Il est nécessaire d’accepter de se tromper, recommencer, remettre en question ses propres idées. C’est parfois difficile, mais c’est aussi ce qui rend ce métier passionnant.

Une autre dimension essentielle de mon doctorat a été l’ouverture internationale. Pendant ma deuxième année de thèse, j’ai choisi de partir trois mois dans l’État du Minas Gerais, au Brésil, pour travailler sur les méthodes inverses appliquées aux transferts thermiques. Cette expérience a profondément marqué mon parcours, autant scientifiquement qu’humainement. Elle m’a permis de découvrir une nouvelle communauté scientifique, une autre culture de travail, et a ensuite influencé plusieurs de mes choix de recherche.

J’aime profondément cet aspect de la recherche : travailler avec des personnes issues d’autres disciplines, d’autres cultures, d’autres manières de réfléchir. Une collaboration réussie ne consiste pas à demander aux autres de fonctionner comme nous, mais à comprendre ce que chacun peut apporter.

Cette richesse humaine est probablement une des raisons principales pour lesquelles j’ai continué dans cette voie.


Quel est votre poste actuel et quel a été votre parcours après la thèse ?

Après mon doctorat, j’ai réalisé deux expériences postdoctorales. La première à l’Université de Lorraine, au laboratoire LEMTA, en collaboration avec Saint-Gobain Recherche Paris, sur la caractérisation thermique de matériaux complexes à haute température. La seconde à Aix-Marseille Université, au laboratoire IUSTI, autour de la modélisation des transferts couplés conduction-rayonnement au sein du GDR TAMARYS.

Ces expériences m’ont permis de continuer à développer les méthodes Monte Carlo dans différents domaines d’application : efficacité énergétique, matériaux pour les hautes températures, production d’énergie, imagerie infrarouge ou encore fusion nucléaire.

Aujourd’hui, je suis maîtresse de conférences à Aix-Marseille Université. J’enseigne au département Hygiène Sécurité Environnement (HSE) de l’IUT et je mène mes recherches au laboratoire IUSTI.

Mes travaux portent sur le développement de méthodes numériques pour comprendre, analyser et optimiser des phénomènes thermiques complexes. Ces outils peuvent ensuite être appliqués à des domaines très différents : thermique du bâtiment, confort thermique et thermorégulation du corps humain, systèmes énergétiques ou encore procédés industriels.

C’est d’ailleurs ce que j’aime particulièrement dans mon métier : utiliser des méthodes fondamentales pour créer des ponts entre des applications très variées, et travailler avec des personnes aux expertises complémentaires.

Mon parcours après la thèse n’a pas été une ligne droite. J’ai longtemps hésité entre plusieurs voies, et je pense que ces questionnements étaient nécessaires. Ils m’ont permis de comprendre ce qui était important pour moi : la liberté d’explorer des questions scientifiques, la transmission, le travail collectif et la possibilité de contribuer à des projets qui ont du sens.


Quels conseils donneriez-vous à un(e) étudiant(e) qui souhaite se lancer dans une thèse ou une carrière scientifique ?

Je conseillerais d’abord de réfléchir à ses motivations profondes. Faire une thèse n’est pas une obligation pour réussir une carrière scientifique ou technique. C’est une expérience particulière, qui demande de la curiosité, de la persévérance et l’envie d’explorer des questions auxquelles personne n’a encore répondu.

Je conseillerais également de bien choisir les personnes avec lesquelles on travaille. Les rencontres ont une importance immense dans un parcours scientifique. Un bon environnement peut vous pousser à progresser, à prendre confiance et à découvrir des capacités que vous ne soupçonniez pas.

Enfin, je dirais qu’il faut accepter que son chemin


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