Une aventure scientifique récompensée : Prix de thèse SFGP 2026 « Coup de cœur du public »
- Nicole NAJJOUM

- il y a 1 jour
- 4 min de lecture

Merci beaucoup pour votre témoignage
Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre thèse ?
Ma thèse, intitulée « Valorisation de la sciure de bois par extraction, caractérisation et hydrophobisation des hémicelluloses : application à l'élaboration de films à propriétés barrières », a été réalisée au sein du laboratoire TIMR de l’Université de Technologie de Compiègne et du laboratoire IPCM de Sorbonne Université, sous la direction de Nabil GRIMI, Mohammed BENALI et Patrice CASTIGNOLLES, avec le soutien financier de l’initiative MSTD (Maîtrise des Systèmes Technologiques sûrs et Durables, Alliance Sorbonne Université).
Mes travaux portaient sur la valorisation d’un coproduit abondant de l’industrie du bois : la sciure. L’objectif était de développer des procédés permettant d’extraire et de modifier les hémicelluloses afin de produire des matériaux biosourcés présentant des propriétés barrières intéressantes.
Au-delà des résultats scientifiques, cette thèse a été une véritable aventure humaine et professionnelle. Elle m’a appris la rigueur scientifique, la persévérance et la capacité à avancer dans un environnement où l’incertitude fait partie intégrante du quotidien du chercheur.
Que représente pour vous le Prix de thèse SFGP 2026 "Coup de cœur du public" ?
Recevoir le Prix de thèse SFGP 2026 « Coup de cœur du public » représente pour moi un immense honneur et une profonde émotion. Cette distinction vient récompenser plusieurs années de travail, de persévérance, de remises en question et surtout de passion pour la recherche. Ce prix représente bien plus qu’une récompense scientifique. Il a une valeur particulière car il montre que des années de recherche peuvent être comprises, partagées et appréciées au-delà du laboratoire. Recevoir cette distinction est donc aussi un encouragement personnel. Savoir que mes travaux ont touché le public est une reconnaissance très précieuse. La recherche a parfois tendance à rester confinée aux communautés scientifiques, alors que l’un des rôles du chercheur est aussi de transmettre, d’expliquer et de créer un lien avec la société.
Cette distinction récompense donc non seulement le travail scientifique réalisé, mais aussi la capacité à partager cette recherche avec enthousiasme et à la rendre accessible.
J’aimerais également encourager les doctorantes et doctorants à oser candidater à ce type de prix. Il ne faut pas attendre d’être « suffisamment prêt » ou penser que son travail n’est pas assez remarquable. Derrière chaque thèse se trouve une histoire, des défis relevés, des apprentissages et une passion qui méritent d’être partagés. Candidater, c’est aussi une manière de prendre confiance en son parcours, de valoriser son travail et de donner une visibilité à la recherche que l’on porte.
Quels ont été les principaux défis rencontrés pendant votre doctorat ?
Un doctorat est une aventure qui demande beaucoup de persévérance. Derrière chaque résultat scientifique se cachent des journées d’expériences, des essais qui ne fonctionnent pas toujours comme prévu, des hypothèses qu’il faut remettre en question et des moments de doute. L’un des défis majeurs de ma thèse a été de travailler sur une problématique complexe située à l’interface entre plusieurs domaines : l’extraction de biomolécules à partir de la biomasse, leur caractérisation, leur modification chimique et leur valorisation dans des applications concrètes comme les films biosourcés. Il ne s’agissait pas seulement d’obtenir un résultat scientifique, mais de comprendre les mécanismes, d’optimiser les procédés et de trouver un équilibre entre performance, durabilité et faisabilité. Mais c’est aussi ce qui rend cette expérience particulièrement enrichissante. Chaque difficulté devient une occasion d’apprendre, de progresser et de développer une véritable autonomie scientifique. Avec le recul, je pense que le doctorat m’a surtout appris à transformer les obstacles en opportunités d’apprentissage, à accepter l’incertitude et à construire progressivement des solutions.
Quelles expériences ont marqué votre parcours pendant votre thèse ?
Ces années de doctorat m’ont permis de grandir à la fois sur le plan scientifique et humain. J’ai eu la chance d’encadrer des stagiaires, d’enseigner lors de travaux pratiques et de transmettre ma passion pour la recherche. J’ai également présenté mes travaux dans plusieurs conférences scientifiques, où ils ont été récompensés à plusieurs reprises. Ces expériences m’ont permis de développer ma confiance, d’améliorer ma capacité à communiquer autour de mes travaux et de comprendre l’importance du partage des connaissances scientifiques.
La recherche ne se résume pas aux résultats obtenus au laboratoire : elle repose aussi sur les échanges, les collaborations et les personnes qui nous accompagnent tout au long du parcours.
Que retenez-vous aujourd’hui de votre expérience de doctorat ?
Je retiens avant tout une formidable aventure humaine. Le doctorat m’a appris la patience, la curiosité, la rigueur et la capacité à persévérer même lorsque le chemin semble difficile. Il m’a également appris que chaque petite avancée compte et que les découvertes naissent souvent après plusieurs essais et ajustements. Au-delà de l’aspect scientifique, je retiens surtout les personnes qui ont accompagné cette aventure. Un doctorat ne se construit jamais seul : il est marqué par les échanges avec les collègues, les discussions autour d’un café ou pendant les pauses déjeuner, les moments de partage au laboratoire, les encouragements dans les périodes plus difficiles, mais aussi les nombreux souvenirs créés ensemble.
Les déplacements pour les conférences scientifiques ont également été des moments particulièrement enrichissants. Ces voyages ont permis de partager nos travaux, de découvrir d’autres environnements scientifiques, mais aussi de renforcer les liens humains à travers les échanges, les découvertes et les moments vécus ensemble en dehors du laboratoire.
Cette expérience m’a permis de construire une solide base scientifique, mais aussi de développer des qualités humaines essentielles : l’autonomie, l’adaptabilité et la capacité à travailler avec des personnes issues de différents horizons.
Quel message souhaiteriez-vous transmettre aux doctorantes et doctorants ?
Je leur dirais avant tout de croire en leur projet, même lorsque le chemin paraît long ou difficile. Les difficultés font partie intégrante du parcours doctoral et ne définissent pas la valeur d’un chercheur. Il faut oser poser des questions, essayer, parfois échouer, puis recommencer, car ce sont souvent ces moments qui permettent d’apprendre le plus.
La recherche est une aventure exigeante, mais elle est aussi incroyablement enrichissante. Chaque défi relevé, chaque rencontre et chaque découverte contribuent à construire non seulement le chercheur que l’on devient, mais aussi la personne que l’on construit.




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