De l’IA industrielle à l’IA médicale : mon parcours de chercheur
- Toufik BENMESSABIH

- il y a 1 heure
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Merci beaucoup pour votre témoignage
Et finalement, pourquoi avoir poursuivi en thèse ?
Dès mon enfance, j’étais fasciné par les mathématiques et l’astronomie. J’ai obtenu mon baccalauréat avec mention Très Bien, option mathématiques, puis j’ai poursuivi mes études supérieures en école d’ingénieurs ESI-SBA en Algérie. Cela m’a donné l’opportunité de rencontrer des personnes brillantes venant de tous les coins de l’Algérie, et m’a motivé à apprendre toujours plus dans mon domaine, l’informatique, que j’ai toujours perçue comme une forme de mathématiques appliquées.
J’ai toujours eu cette envie de transmettre le savoir et de partager mes connaissances. J’étais donc naturellement attiré par l’idée de devenir enseignant. En parallèle de mes études, j’ai commencé à apprendre l’intelligence artificielle de manière indépendante, avant même le boom de l’IA lié à l’apparition des LLM, et je me suis progressivement passionné pour ce domaine.
Après l’obtention de mon double diplôme d’ingénieur à l’ESI-SBA en 2022, poursuivre en doctorat m’est apparu comme une évidence. J’ai donc commencé à postuler à des offres de thèse dont les sujets m’intéressaient, notamment à l’intersection de l’informatique, de l’intelligence artificielle et des mathématiques. C’est ainsi que je me suis retrouvé à Lyon, en France, au sein du laboratoire CESI LINEACT.
En quoi consiste votre thèse en quelques mots ?
Ma thèse porte sur « l’analyse et la reconnaissance en temps réel du mouvement humain dans des actions d’assemblage, dans le contexte de l’Industrie 5.0, en utilisant des modèles de deep learning ».
L’objectif c’est d’exploiter ces informations de reconnaissance de mouvements à des fins ergonomiques, notamment pour améliorer les postes de travail et les postures des opérateurs, mais aussi à des fins de performance pour optimiser les temps et les processus d’assemblage.
Qu’est-ce que la thèse vous a apporté ?
Même si, durant mon PFE en école d’ingénieurs, j’avais déjà eu une première initiation à la recherche, c’est pendant la thèse que j’ai eu suffisamment de temps, de ressources et d’accompagnement pour m’adapter au rythme de la recherche.
J’ai appris à utiliser les bons outils pour réaliser une étude bibliographique, les bonnes manières de lire et d’analyser un article scientifique, mais aussi à valoriser son travail de recherche. J’ai surtout appris à poser les bonnes questions, et c’est un exercice continu, à chercher des réponses pertinentes. J’ai également appris comment passer d’une idée ou d’une hypothèse à l’expérimentation, puis à l’application, et enfin à l’analyse et à la discussion des résultats obtenus.
Poursuivre une thèse m’a également ouvert à l’international. Valoriser son travail de recherche signifie aussi le partager avec les autres. J’ai eu l’occasion de le faire lors de conférences, à Milan en Italie par exemple, lors d’une école d’été à Porto, mais aussi à travers des séminaires de laboratoire CESI un peu partout en France.
Cela permet de créer son réseau, d’échanger avec d’autres chercheurs. Les retours et les différents points de vue sont également très enrichissants. De ces échanges peuvent parfois émerger de nouvelles idées qui apportent un vrai plus à la thèse.
La thèse m’a également permis de découvrir l’enseignement, un aspect qui me tenait à cœur. On apprend beaucoup en enseignant, car nous avons la responsabilité de rendre des notions complexes accessibles, mais aussi de préparer les étudiants au monde professionnel en leur transmettant des compétences qui leur seront utiles. J’ai eu la chance de le faire à plusieurs reprises auprès de promotions de Master, notamment internationales.
Enfin, la vie au laboratoire a également été une partie importante de cette expérience. Évoluer dans un environnement où l’on dispose des ressources nécessaires, entouré de personnes bienveillantes avec qui l’on peut échanger et travailler, est toujours motivant et apporte beaucoup, aussi bien sur le plan scientifique que personnel.
Quel est votre poste actuel ?
Actuellement, je suis chercheur postdoctoral sur le projet ACTING qui s’inscrit vraiment dans la continuité de mes travaux de thèse, mais cette fois-ci dans le domaine médical.
Ce projet, mené en collaboration entre mon laboratoire, CESI LINEACT et le MTC (Medical Training Center) à Rouen vise à développer avec des chirurgiens des solutions pour évaluer les compétences des internes en chirurgie laparoscopique et les accompagner dans leur formation.
Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?
Être passionné, ça aide beaucoup. Quand on aime ce que l’on fait, on ne sent pas le temps passer et le travail devient un plaisir. J’insiste donc sur le choix du sujet de thèse : il doit être intéressant, stimulant et donner envie d’aller plus loin.
Il faut parfois savoir prendre du recul et ne pas hésiter à demander de l’aide. Les conseils des autres chercheurs et des encadrants peuvent faire gagner beaucoup de temps, tout en apprenant progressivement à devenir autonome.
Pour le reste, c’est à vous de construire votre propre chemin ! Je vous souhaite beaucoup de courage, de patience et de réussite dans cette aventure.




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