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De l’importance de définir ses motivations personnelles

  • Photo du rédacteur: Marwan HASSINI
    Marwan HASSINI
  • 10 nov. 2025
  • 3 min de lecture
Marwan HASSINI
Marwan HASSINI

Merci beaucoup pour votre témoignage


Pouvez-vous retracer le parcours qui vous a conduit à entreprendre une thèse ?

Après un baccalauréat scientifique passé en 2015, j’ai choisi de m’orienter vers une formation d’ingénieur par goût pour la résolution de problèmes techniques appliqués et par envie de travailler dans un environnement international. Au cours de cette formation, j’ai pu réaliser un semestre d’étude en Argentine. Ce voyage m’a permis de prendre le temps de réfléchir à l’orientation que je souhaitais donner à ma vie professionnelle et de visiter les salars et les mines dans lesquelles les matières premières des batteries sont extraites. Cette découverte m’a permis de réaliser les impacts environnementaux et sociaux des activités minières et des batteries. Par la suite, j’ai construit mon parcours professionnel avec la volonté de travailler sur les batteries en cherchant à garantir le caractère durable de la transition énergétique qui est notamment opérée dans le secteur des transports. Cette envie m’a conduit à réaliser deux stages de 6 mois chacun sur les véhicules électriques et les batteries. Ces expériences m’ont permis de confirmer mon intérêt pour cette thématique et m’ont permis de côtoyer des ingénieurs ayant réalisés une thèse pour approfondir leurs connaissances dans un domaine. C’est l’opportunité de développer une forme d’expertise sur les batteries qui m’a poussé à entreprendre une thèse en octobre 2020.


En quoi consiste votre thèse ?

Ma thèse porte sur la seconde vie des batteries de véhicules électriques. J’ai choisi ce sujet parce qu’il me permettait de travailler sur la durabilité des batteries en améliorant la gestion de leur fin de vie. Le réemploi des batteries après leurs utilisations en véhicules électriques est un levier intéressant pour réduire la quantité de batteries neuves à produire et allonger la durée de vie des batteries déjà produites. La thèse a traité trois questions importantes sur le sujet : comment choisir les batteries éligibles à une seconde vie, comment des batteries réutilisées vieillissent et comment maximiser la durée de vie des batteries ? Les résultats de la thèse ont montré que la seconde vie était viable puisque les performances et la vitesse de vieillissement des batteries réutilisées permettent d’envisager un allongement de la durée de vie de plusieurs années.

 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?

Avant tout, je conseillerai à un étudiant de chercher à savoir avec quelle équipe et quels encadrants il va travailler. La relation doctorant-encadrant est centrale dans l’expérience de la thèse. Une équipe encadrante ou un laboratoire où l’ambiance n’est pas saine peut rendre l’expérience de la thèse difficile. Le fait de contacter les anciens doctorants du laboratoire peut permettre de se faire une idée de l’atmosphère qui règne dans le laboratoire et l’équipe d’encadrement.

Ensuite, je recommanderai à l’étudiant de bien définir et garder en tête les raisons pour lesquelles il démarre sa thèse. Les raisons peuvent être aussi diverses et multiples que par exemple la volonté de développer une expertise, le souhait de travailler dans la recherche, l’envie d’améliorer ses perspectives professionnelles ou celle de vivre plusieurs années dans une ville, une région, un pays que l’on apprécie. Le fait de bien établir ses motivations initiales et de les avoir en tête tout au long de sa thèse permet à mon sens de réduire le risque de tomber dans le piège de la comparaison. La réussite d’une thèse est une appréciation très personnelle qui peut être polluée par la comparaison entre le travail réalisé et celui de ses pairs mais aussi par les attentes des encadrants ou les attentes du marché du travail. Il convient de séparer ces différentes dimensions et de faire en sorte que le travail réalisé réponde en premier lieu à ses attentes initiales. Les autres dimensions pourront être travaillées plus tard dans le déroulement de la thèse.

 

Quel est votre poste actuel ?

Aujourd’hui, je suis chargé de recherche fonctionnaire du Ministère de la Transition Écologique. Suite à un concours, j’ai obtenu ce poste de chercheur permanent au sein du laboratoire Emob-Lab. Mon travail consiste à suivre et améliorer l’état des connaissances sur les batteries puis à diffuser ce savoir à travers les enseignements, les communications au grand public mais aussi à travers l’accompagnement des entreprises et des pouvoirs publics. Mon projet de recherche s’intitule : « Durabilité des batteries lithium-ion : De la cellule au système intégré dans son environnement, du laboratoire à la société ». Il s’articule autour de trois axes : l’évaluation et la minimisation de l’impact environnemental des batteries, l’amélioration des données et modèles de batteries et la réduction de l’écart entre les pratiques académiques, les questions sociétales et les réalités industrielles.

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