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Des mathématiques à l’aéronautique : oser relever le défi du doctorat

Photo du rédacteur: Yri KAMBIRI
Yri KAMBIRI
il y a 2 heures
3 min de lecture
Yri KAMBIRI
Yri KAMBIRI

Pouvez-vous décrire votre parcours et ce qui vous a conduit à entreprendre une thèse ?

J’ai toujours été passionnée par les mathématiques, par la beauté des théorèmes, par la capacité à les démontrer, mais surtout par le défi, en tant que femme, de réussir dans ce domaine, alors que certaines personnes autour de moi me disaient que si je faisais des mathématiques, j’allais « perdre mes cheveux » tellement c’était une science difficile. Me voilà aujourd’hui avec un master en mathématiques, preuve que tout est possible pour celui ou celle qui croit en ses capacités.

Après mon master, j’ai ressenti le désir de poursuivre en thèse, car je sentais que je n’avais pas encore atteint le niveau que je souhaitais. Cette fois, je voulais cependant travailler sur quelque chose de plus appliqué, dans un domaine où je pourrais voir directement l’impact de mes résultats dans la vie réelle. C’est ce qui m’a poussée à faire une thèse dans un domaine aussi vaste et concret que la décarbonation du transport aérien.


En quelques mots, en quoi consistait votre thèse ?

Le réchauffement climatique nous oblige à repenser notre manière de consommer l’énergie si nous voulons éviter que la Terre devienne invivable dans les prochaines décennies. Mon travail de thèse a consisté à évaluer les besoins en énergie et en matières premières qu’il faudrait mobiliser pour décarboner le transport aérien et ainsi réduire son impact sur le climat.

Pour cela, j’ai développé un outil d’aide à la décision, basé sur une approche multidisciplinaire qui prend en compte les grandes composantes du transport aérien : l’avion bas carbone, l’énergie, les aéroports et le réseau de routes aériennes.

Cet outil permet, quelle que soit la demande future en transport aérien, d’évaluer les besoins en énergie bas carbone et en matériaux nécessaires pour y répondre.


Quels ont été les moments les plus difficiles pendant votre doctorat ?

Vous savez, quand on quitte un domaine comme les mathématiques pour se lancer dans une thèse dans un domaine comme l’aéronautique, que l’on ne connaît pas du tout, ce n’est vraiment pas évident.

Les moments les plus difficiles pour moi ont donc été ceux où je devais lutter contre le syndrome de l’imposteur, cette petite voix qui vous dit que vous n’avez pas toutes les connaissances nécessaires. Ma philosophie a toujours été : « Tu donnes ce que tu as. » Et si tu n’as rien, tu ne peux rien donner.

Comme je n’avais pas étudié l’aéronautique, j’avais parfois le sentiment de ne pas avoir suffisamment de connaissances à apporter. Pour dépasser cela, il a fallu que je travaille beaucoup, que je lise énormément et que j’apprenne jusqu’à acquérir une compréhension du domaine qui me permette d’échanger avec des spécialistes.

C’est pour cela qu’entendre mon directeur de thèse dire de moi : « En quelques mois, elle a acquis puis maîtrisé l’aérodynamique, la propulsion et la thermodynamique à un niveau lui permettant d’échanger d’égal à égal avec des spécialistes du domaine » me rend particulièrement fière.


Qu’est-ce que la thèse vous a apporté, au-delà des compétences techniques ?

Elle m’a apporté plusieurs choses : des relations formidables, une connaissance plus approfondie de moi-même et une meilleure compréhension de la manière dont j’interagis avec les autres.

La thèse m’a aussi beaucoup appris sur moi-même : sur mes capacités, mes limites, ma manière de travailler et surtout ma capacité à m’adapter à un domaine que je ne connaissais pas au départ.


Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui hésite à faire une thèse ?

Si vous pensez que vous pouvez le faire, alors vous pouvez le faire. Même si vous ressentez parfois le syndrome de l’imposteur, faites-vous confiance et allez chercher les informations qui vous manquent. Plus vous apprenez, plus vous gagnez en confiance et plus vous vous sentez à votre place.

Faire une thèse est une expérience difficile, qui demande beaucoup de travail, de persévérance et parfois de sortir de sa zone de confort. Mais on en ressort grandi, avec de nouvelles compétences, une meilleure connaissance de soi et, surtout, la preuve qu’on est capable de relever des défis que l’on pensait parfois impossibles.

 

Mots clés : ENAC, ISAE Supaéro

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