Ignacio ROCCO, post-doc en vision par ordinateur chez Meta AI


LinkedIn, Theses.fr

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.


Racontez-nous un peu de votre parcours.

Je suis venu en France pour des études de master, avec l'idée de me reconvertir vers la robotique après avoir obtenu mon diplôme d'Ingénieur Industriel en Uruguay. Pendant la première année, j'ai suivi le cursus de M1 du Master en Vision par Ordinateur et Robotique (VIBOT) de l'Université de Bourgogne. Pendant ce temps là, j'ai vécu au Creusot en Saône-et-Loire, et j’ai eu mon premier contact avec la France, la langue et la culture française. Pour la deuxième année, j'ai eu une bourse de la Fondation Mathématique Jacques Hadamard (FMJH) qui m'a permis d'intégrer le cursus de M2 du Master en Mathématiques, Vision et Apprentissage (MVA), de l'ENS Paris-Saclay. Étant un M2 Recherche, j'ai dû faire un stage de recherche au dernier trimestre, que j'ai fait au sein de l'équipe WILLOW de l'ENS et Inria Paris sous la direction de Josef Sivic et de Relja Arandjelovic, sur le sujet des correspondances géométriques entre des images. Comme c'est souvent le cas, ce stage à débouché sur une offre de thèse dans le même laboratoire et avec ces mêmes encadrants, qui s'est très bien passé et fut un experience très enrichissante. Après 4 ans de thèse, j'ai finalement soutenu ma thèse en octobre 2020. Depuis, je suis post-doctorant à Meta AI (anciennement Facebook AI), où je continue à faire de la recherche dans le domaine de la vision par ordinateur.


Pourquoi conseilleriez-vous à un étudiant étranger de venir étudier en France ?

Personnellement, j'ai choisi de venir étudier en France car je voulais d'abord vivre une expérience de vie dans un autre pays et je trouvais que j'allais bien m'intégrer dans la culture et la société française, vu que l'Uruguay est un pays avec un héritage surtout européen. Mais, en général, je pense que la France est un pays qui offre beaucoup d'opportunités pour faire des études d'éducation supérieur, avec une offre très large des masters et aussi beaucoup de facilités de financement avec de nombreuses bourses et aides financières pour les étudiants. Tout cela permet d'avoir accès à des formations excellentes sans devoir s'endetter à vie, comme c'est souvent le cas dans des autres pays. De plus, je trouve que la France est assez accueillante aux étudiants étrangers qui veulent y rester après le master ou la thèse, avec son programme des "Passeports talent" pour chercheurs, par example.


Pourquoi faire une thèse après le M2 ?

Faire ou ne pas faire une thèse, telle est la question… Faire une thèse n'est sûrement pas pour tout le monde. Soyons clairs, je ne veux pas dire que faire un thèse nécessite des capacités intellectuelles d'exception, mais surtout que cela requiert un grand engagement personnel. Car c'est déjà un projet qui dure au moins 3 ans, avec un travail qui est plutôt solitaire et souvent dans un milieu assez compétitif. Les salaires de thésards sont aussi probablement plus bas que ceux que vous pourriez avoir en allant travailler directement après le master. Donc, je crois que faire un thèse est plutôt un investissement personnel et professionnel à moyen-long terme, qui vous lance dans le monde de la recherche et vous permettra plus tard de démarrer une carrière de chercheur académique ou dans l'industrie.


Racontez-nous un peu sur le prix de thèse que vous avez reçu.

L'Association Française pour la Reconnaissance et l'Interprétation de Formes (AFRIF) organise chaque année un prix de thèse pour promouvoir la recherche dans le domaine de la vision par ordinateur en France et récompenser les meilleurs travaux. Pour le prix 2021 j'ai eu la chance d'avoir été décerné ce prix et eu aussi l'opportunité de présenter mes travaux de recherche lors de la conférence RFIAP 2022 organisé par l'AFRIF dans la ville de Vannes, en Bretagne. Je remercie les organisateurs du prix de m’avoir décerné ce prix et de m’avoir invité à la conférence RFIAP, qui a été une belle opportunité pour rencontrer des jeunes chercheurs dans mon domaine venant des laboratoires de recherche de toute la France.


Comment envisagez-vous votre avenir professionnel ?

Après le post-doc, je voudrais continuer à faire de la recherche dans le milieu industriel, dans un poste de chercheur scientifique (research scientist) et, pourquoi pas, éventuellement aussi encadrer des stagiaires et co-diriger des thèses en collaboration avec des laboratoires de recherche académiques.