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Le PhD est une expérience de la vie, pas seulement un morceau de notre parcours professionnel.

  • Photo du rédacteur: Bilel GUETARNI
    Bilel GUETARNI
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture
Bilel GUETARNI
Bilel GUETARNI

Merci beaucoup pour votre témoignage.

 

S’engager dans un parcours doctoral n’est pas la première idée qui vient à l’esprit de n’importe quel étudiant. Pour ma part, je me suis décidé à mener un doctorat qu’à l’issu d’un semestre à l’Université de Liège où j’y ai suivi des cours d’Intelligence Artificielle qui m’ont donné envie de poursuivre dans ce domaine. Il s’agissait, à vrai dire, de mon dernier stage à la fin de mon parcours, juste avant d’obtenir mon diplôme de l’Université Technologique de Belfort-Montbéliard. Jusque-là, il n’a jamais été question de faire de la recherche. La recherche paraissait d’ailleurs être un monde trop différent de celui des ingénieurs dont je suis issu. Mais au fur et à mesure que je m’intéressais au domaine de l’IA, notamment appliqué à l’imagerie et aux données médicales, l’envie de me former au point de devenir un expert m’a poussé jusqu’au doctorat.


Comme une bonne partie des doctorants en France je n’ai pas eu le choix du sujet, j’ai postulé à une offre de thèse déjà préparée à JUNIA en partenariat avec l’École Centrale de Lille. Ceci, pour ma part, n’était pas un problème car le sujet était très intéressant à mes yeux. D’ailleurs il n’est pas impossible qu’au cours de la thèse, le sujet puisse changer et être adapté aux moyens à disposition du doctorant. En revanche, il est important, je pense, de s’assurer que le sujet vous intéresse, voir, vous passionne. Car la thèse est une longue traversée de problèmes à résoudre qui ne se refusent pas de jouer avec votre frustration. La passion et l’intérêt envers le sujet est ce qui nous permet de maintenir le cap jusqu’à la fin, jusqu’à la soutenance de la thèse dont on ne sort pas peu fier.


Mon sujet de thèse était orienté autour de l’application de méthodes d’apprentissage, autrement dénommé Intelligence Artificielle dans le débat public (dénomination qui ne fait pas consensus dans la recherche encore aujourd’hui), à l’imagerie médicale dans le but d’apporter de nouvelles solutions de diagnostic et de pronostic aux anatomopathologistes (spécialistes du diagnostic via l’inspection de biopsie de tissu). C’est un sujet passionnant et avec un impact direct sur la société, une des conditions que j’avais lors de mes recherches d’offres de thèse et qui m’a conduit à en refuser plusieurs.


Ma thèse s’est, dans l’ensemble, très bien déroulée. Du point de vue professionnel, j’ai pu consacrer beaucoup de temps pour étudier mon sujet et développer l’expertise que j’attendais. J’ai également découvert un nouveau monde, celui de la recherche clinique, qui m’a beaucoup passionné et qui continue. Je me suis formé non seulement à la technique, mais j’ai également développé et affiner certains soft skills dont on sous-estime bien trop souvent l’importance. Le plus important à mon sens étant la communication, c’est-à-dire l’art de faire comprendre aux autres ce que l’on a compris nous-même. Du point de vue personnel, j’ai fait beaucoup de rencontres, dont certaines qui durent encore après la thèse. Échanger avec d'autres personnes venues de tout horizon est un stimulateur incroyable pour l’ouverture et la maturation de l’esprit. On se rend compte à quel point la société au sein de laquelle nous évoluons nous conditionne dans notre façon de penser, juger et observer les choses.


Finalement, à la suite de ma soutenance de thèse, j’ai eu l’opportunité de continuer à travailler avec mes encadrants dans le cadre d’un postdoc à l’Université de Lille, qui traite d’un sujet différent mais dans le même domaine. Pour ma part, j’ai eu la chance de ne pas avoir à effectuer la recherche moi-même, ce qui n’est pas souvent le cas de ce que j’en sais. J’ai donc continué dans l’académie, car j’y ai trouvé ce que les Japonais appellent l’ikigai, i.e., utiliser ce que l’on sait faire et qui nous passionne dans le but de subvenir à nos besoins et à contribuer, dans notre mesure, à la société.


 

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